Petite frayeur

Posté le Jeudi 7 juillet 2011

Le temps nous joue des tours, un univers parallèle est entré en collision avec le nôtre, le cours des évènements en a été bouleversé. J’entends déjà les rires des incrédules, les quolibets des Saints Thomas de pacotille ceux-là mêmes qui crurent ils y a quelques années que travailler plus permettrait de gagner plus !

Réveillez-vous et sortez de la douceur ouatée de cette fin de quinquennat ; rendez-vous à l’évidence au lieu de rester assis sur le trône vermoulu de vos certitudes d’un autre âge, admettez l’impossible puisqu’il demeure la seule solution.

C’est le vilain moustachu qui a gagné la Seconde Guerre mondiale !

Un aparté s’impose car je vous sens dubitatifs : quel vilain moustachu ? Le germanique à la pilosité aryenne ou le stalinien moscovite ? Question judicieuse car de Gengis Khan à Ben Laden beaucoup de criminels furent gens de poils. La barbe ou la moustache vont souvent de pair avec le crime contre l’Humanité.

Si j’avais affaire à la marche du monde je remplacerais les militaires par des capilliculteurs, des coiffeurs ou des barbiers si vous préférez. Figaro en casque bleu, mille marmites ! Et les armes à la poubelle, obsolètes le M-16, la Kalach’ ou le Famas qu’on nomme aussi clairon ; en lieu et place des tondeuses, des rasoirs et des tonnes de gel ou de mousse avec un bataillon de blaireaux pour les plus traditionalistes.

Des femmes dictateurs (trices ?) on n’en n’a jamais vu (ou des femmes à barbe peut-être ?)

Non tout ceci est l’affaire des z’hommes comme le dit Tachan dont j’avais conté il y a quelques jours. Tiens, un cadeau pour vous mesdames :

Image de prévisualisation YouTube

Revenons à vous, moutons incrédules, j’ai là la preuve irréfutable de ce que j’avance (je l’aurais bien mise dans une enveloppe comme un célèbre avocat entré depuis peu en le pénitude mais ça n’aurait guère d’intérêt)

Cliquez sur le petit carré et la vérité vous apparaîtra illico

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Voui, vous avez bien vu : c’est Tintin en uniforme des jeunesses hitlériennes. La littérature enfantine se veut pédagogique (obligatoire de 7 à 77 ans). Vous en voulez d’autres ? Servez vous.

 

Tintin à l’entraînement : vous avez vu l’uniforme ?

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Tintin dans la Luftwaffe

 

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Tintin fait la guerre

 

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Tintin monte en grade (remarquez comment Milou lève la patte)

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Vous avez eu peur hein ?

Vous avez des têtes à acheter l’épluche-légumes miracle au monsieur qui crie fort sur le marché hein ?

L’explication est toute simple

Tiens un ou deux petits derniers pour la route

Tintin dans l’armée rouge

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Tintin dans l’armée française (vous remarquerez la quantité de bricoles hautement indispensables que trimballe élégamment notre ami)

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kernoa @ 11:29
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Encore un mystère

Posté le Jeudi 7 juillet 2011

Tout cela, c’est de la faute à Chartier, il ne fallait pas que j’en cause !

Je revoyais ce Paris des années 70 (dans les débuts), les manteaux afghans en poils de chèvre qui pour la plupart emboucanaient l’entourage. Du foyer d’étudiants de la rue de la Victoire (9e) aux Grands Boulevards on passait le plus souvent par la rue du Faubourg-Monmartre (et par conséquent devant le bouillon ci-dessus mentionné). Les moeurs s’étaient pas mal libéralisées et les cinémas « cochons » (plus tard on dirait X) fleurissaient un peu partout.

Un de nos sports nationaux était de repérer les titres des films les plus drôles du genre. Je me suis dit que ça devait pouvoir se retrouver pour vous en faire profiter. Dont acte

C’est ici (mais c’est pas pour les zenfants !).

Faites votre marché vous-même, perso j’ai toujours eu un faible pour « Le nain l’avait grosse » et « L’arrière-train sifflera trois fois » !

Mais ce n’est pas de ces grivoiseries que je souhaitais vous entretenir. Le premier site (assez incomplet) nous renvoie vers « echolalistes » qui devrait fournir plus de renseignements, explorons explorons…

Vertige !

Ca fait peur toutes ces listes !
J’ai choisi au hasard (yenaquatre) et j’ai trouvé cela

4garçons

 

Nous sommes bien loin de beatles

 

J’ai voulu en savoir un peu plus sur ce livre. En fait il s’agit d’un ouvrage allemand sur la Première Guerre mondiale

westfront

 

Qui a été traduit en français sous le titre

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Alors comment expliquer la transformation ? Facétie de l’éditeur ou bidonnage anti-Beatles ?

Un excellent site sur la littérature de la Grande Guerre, c’est ici (choisir bibliothèque)

kernoa @ 5:58
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Le Fouquet’s au XVè siècle

Posté le Mercredi 6 juillet 2011

Le brave Jehan Meschinot, dans ses « Lunettes des Princes » n’y allait pas de main morte avec les inégalités.

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« A la fois suffit une cavale… » : notre président et sa joyeuse bande ont là de quoi méditer et constater que ce peuple « pillé tant l’hyver que l’esté » a « trop posvre été ».

On peut toujours rêver…

Coup de chance d’avoir trouvé ce bouquin en accès gratuit sur le net

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C’est ici

 

Tri Yann l’avait chanté à ses débuts (Album « La Découverte ou l’Ignorance »)

 

Le Fouquet's au XVè siècle dans Littérature mp3 04piste4.mp3

 

Vous qu’en mains tenez tout votre peuple
Pillé tant l’hyver que l’esté,
Voyez qu’il a trop povre esté.
Sont cours aux robins des Princes de Bretaigne,
Sont coulps aux villains si Princes les dédaignent,
Ni les cours aux villains, ni les coulps aux robins.

C’est par desplaisir, fain et froidure
Que les povres gens meurent souvent,
C’est sans déplaisir, fain ni froidure,
Que seigneurs entre eux vont battant.

Seigneurs nous tenez comme rebelles,
Parlant plus en hault qu’en bas ton.
Justice ne menez qu’au baston.

Gens qui de justice avez la charge,
Par trop n’y voyez qu’en prélats,
De vous en parler suis très las.

Souvent vous tenez femme pour folle,
Qui se vend pour le plus donnant,
Mais pire faictes-vous bien souvent.

A la fois suffist une cavale,
Au Roy une robe ung hostel.
Le roy se mourra, je suis tel.

 

 

Vous n’aurez pas manqué de constater ici que les paroles diffèrent de l’original

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Il n’empêche, j’aime à penser la bande du Fouquet’s comme

« Qu’en seigneurs se vont esbatant »
« O inhumains et dommageux
Qui nom portez de seigneurie »

La fois prochaine nous évoquerons « La Princesse de Clèves »

Rangez vos affaires !

kernoa @ 10:53
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Chartier n’est plus Chartier…

Posté le Mercredi 6 juillet 2011

Quelques recherches sur les restaurants au XIXe siècle : pas trouvé grand-chose. Il faut dire que je n’y ai guère mis d’enthousiasme. Où donc ai-je lu qu’il y avait plusieurs prix pour le même plat selon la graisse utilisée (y compris le suif !)

Le mot « bouillon » nous renvoie chez Chartier.

chartier

 http://www.linternaute.com/sortir/sorties/resto/magazine/photo/chartier-un-bouillon-centenaire

 

Que de souvenirs ! La salle, les garçons en gilet noir et long tablier blanc (habillés en rondin dixit wikipedia ici).

 

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 http://www.linternaute.com/sortir/sorties/resto/magazine/photo/chartier-un-bouillon-centenaire

Rien ne change semble-t-il…

Jusqu’à trouver ceci qui n’encourage guère le pèlerinage !

kernoa @ 8:04
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Réminiscence solognote

Posté le Mardi 5 juillet 2011

Je suis allé faire un tour chez ce vieil anar d’Henri Tachan histoire de voir si y’avait du monde

Ce soir, c’est fête. Ce soir, j’ai invité
Mozart, Beethoven, Schubert et Rossini.
Autour d’un verre, au chaud dans ma chambrée,
On va se jouer une petite mélodie

Et sur les notes, on oubliera le monde,
Qui n’en finit pas de tourner.
De marches funèbres et de tombeaux en tombes,
On oubliera l’humanité.
J’ai feuilleté un peu les CD, un gros cadeau à se faire un improbable jour de richesse !

 

tachan
J’ai découvert celle-ci que je ne connaissais pas.

J’ai relu « Le Grand Meaulnes »

Paroles : Henri Tachan
Musique : Jean-Paul Roseau

Avant-hier, bêtement, j’ai relu « Le Grand Meaulnes »,
J’ai traqué mon enfance au fil des pages jaunes,
Dans un coin de grenier, j’ai voulu, sans vergogne
Et sans billet, refaire mon voyage en Sologne,
Dans un coin de grenier, j’ai voulu, sans vergogne
Et sans billet refaire mon voyage en Sologne,

Mais j’ai bien, j’ai bien trop lu, trop lu
De livres pour les grands:
Ah! Dieu, que je suis déçu, déçu
Par mes livres d’enfants!

Hier matin, je m’embarque, pour un pélerinage,
Vers mes quinze ans blottis dans leur petit village,
Le coeur battant, le long d’un sentier d’haridelles,
J’attends Baffalo Bill sur un coin de margelle,
Le coeur battant, le long d’un sentier d’haridelles,
J’attends Baffalo Bill sur un coin de margelle,

Mais j’ai bien, j’ai bien trop vu, trop vu
De palais formidables:
Ah! Dieu, que je suis déçu, déçu
Par mes châteaux de sable!

Aujourd’hui je te parle, comme à une étrangère,
Mon aimée d’autrefois, ma mie, mon écolière,
Et, te disant bonjour, je voudrais, tant et tant,
Te dire que notre amour a encore dix-huit ans,
Et, te disant bonjour, je voudrais, tant et tant,
Te dire que notre amour a encore dix-huit ans,

Mais j’ai bien, bien trop couru, couru
Les filles de passage:
Ah! Dieu, que je suis déçu, déçu
Par les dames trop sages!

Demain, je blanchirai, à l’ombre d’un sapin,
De routine en regrets, de regrets en refrains,
Et j’essaierai encore, une dernière fois,
De refaire, à rebours, mon long chemin de croix,
Et j’essaierai encore, une dernière fois,
De refaire, à rebours, mon long chemin de croix,

Mais, je n’aurai jamais pu, non jamais pu
Apprivoiser le Temps:
Ah! Dieu, que je suis déçu, déçu,
Que je suis décevant!

 

Le Grand Meaulnes, la dictée de 4e avec ce brave monsieur Sylvestre (quel bon homme, la césure est volontaire). Après quatre heures, qu’est-ce que je ai aimé ce texte. Sans doute l’un des premiers émois littéraires…

« Avant sa venue, lorsque le cours était fini, à quatre heures, une longue soirée de solitude commençait pour moi. Mon père transportait le feu du poêle de la classe dans la cheminée de notre salle à manger; etpeu à peu les derniers gamins attardés abandonnaient l’école refroidie où roulaient des tourbillons de fumée. Il y avait encore quelques jeux, des galopades dans la cour; puis la nuit venait; les deux élèves quiavaient balayé la classe cherchaient sous le hangar leurs capuchons et leurs pèlerines, et ils partaient bien vite, leur panier au bras, en laissant le grand portail ouvert… Alors, tant qu’il y avait une lueur de jour, je restais au fond de la mairie, enfermé dans le cabinet des archives plein de mouches mortes, d’affiches battant au vent, et je lisais assis sur une vieille bascule, auprès d’une fenêtre qui donnait sur le jardin. Lorsqu’il faisait noir, que les chiens de la ferme voisine commençaient à hurler et que le carreau de notre petite cuisine s’illuminait, je rentrais enfin. Ma mère avait commencé de préparer le repas. Je montais trois marches de l’escalier du grenier; je m’asseyais sans rien dire et, la tête appuyée aux barreaux froids de la rampe, je la regardais allumer son feu dans l’étroite cuisine où vacillait la flamme d’une bougie. Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Quelqu’un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu’un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt le grand Meaulnes. »

 

La première grande boucherie du siècle avait commencé le 3 août 1914

Mobilisé dès la déclaration de guerre, en août 1914, Alain Fournier rejoint le front de Lorraine comme lieutenant d’infanterie. Le 22 septembre 1914, il est porté disparu au sud de Verdun, dans les Hauts-de-Meuse. Il n’avait pas encore vingt-huit ans.

Ses restes n’ont été découverts qu’en mai 1991 dans une fosse commune où les Allemands l’avaient enterré avec vingt de ses compagnons d’armes. Identifié six mois plus tard, son corps est maintenant inhumé dans le cimetière militaire de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse).

Si vous souhaitez en savoir plus c’est ici

 

FOURNIER

« Quelle connerie la guerre ! »

kernoa @ 11:48
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Combat perdu mais mots retrouvés

Posté le Lundi 4 juillet 2011

A la perpétuelle et vaine lutte contre l’envahissant papier s’ajoute maintenant la chasse aux  fichiers dévoreurs de place sur les disques dur. Haro sur l’obésité informatique, taillons, tranchons, éliminons, de fringants petits nouveaux piaffent à la porte, sachons les accueillir !

Et bien entendu c’est un combat perdu d’avance, on trébuche sur le premier répertoire un peu étrange, que l’on avait mis de côté pour plus tard. On ouvre. « Bons dieux mais c’est bien sûr, je l’avais oublié celui-là ! » et nous voilà replongé dans la lecture. Oubliées les bonnes résolutions, l’appétit d’air frais, ce sera pour plus tard.

Dans mon cas c’était le « vocabulaire rayen » que j’avais tiré du très bon site consacré au prolifique auteur belge voir ici

 

Malpertuis

 

L’âme bourrelée de remords, il piquait sa fourchette dans les grasses dodines, tranchait les filets, écrasait les compotes [...]. Malpertuis, chap. II

Dans un parc poussiéreux, où tombait une fine pluie de fraisil, nous occupions un banc à têtes de guivres en fonte. Mondschein-Dampfer, in La Croisière des Ombres

Shadwell suit, fuligineux, décrépit, piqué de bâtisses neuves, que déjà la lèpre de misère entame malgré leur jeunesse, pour finir dans la bonne humeur crasseuse de Wapping. Jack-de-Minuit, chap. II  

Les coloniaux qui s’en vont, et qui n’ont cure de se charger de leur progéniture masculine, y envoient leurs fils et se contentent de payer régulièrement leur minerval et le prix de la pension. Harry Dickson, Le secret de Bray-House, chap. I

La tapisserie parviflore des murs disparaissait sous une multitude de trésors à quatre sous : une citole aux cordes éclatées, des fleurs séchées sous verre, fixées à la bassorine [...]. La Cité de l’indicible peur, chap. V

 

cité

 

Tiens je vais fouiller pour en retrouver un ou deux et les relire, le ménage attendra !

kernoa @ 9:46
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L’école à Couté

Posté le Dimanche 3 juillet 2011

Lavisse

http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2007/02/23/4122813.html

 

Socle commun des compétences, LPC, HDA…..Ne serions-nous rien d’autre que de grands « malafaiseux » devant la nature ?
Pour en savoir plus sur le poète beauceron c’est ici
 

L’ECOLE

Les p’tiots matineux sont ‘jà par les ch’mins
Et, dans leu’ malett’ de grousse touél’ blue
Qui danse et berlance en leu’ tapant l’cul,
I’s portent des liv’s à coûté d’leu pain.

L’matin est joli coumm’ trent’-six sourires,
Le souleil est doux coumm’ les yeux des bêtes…
La vie ouvre aux p’tiots son grand liv’ sans lett’es
Oùsqu’on peut apprend’ sans la pein’ de lire :
Ah ! les pauv’s ch’tiots liv’s que ceuss’ des malettes !

La mouésson est mûre et les blés sont blonds ;
I’ s’ pench’nt vars la terr’ coumm’ les tâcherons .
Qui les ont fait v’ni’ et les abattront :
Ça sent la galette au fournil des riches
Et, su’la rout’, pass’nt des tireux d’pieds d’biche.
Les chiens d’ deux troupets qui vont aux pâtis,
Les moutons itou et les mé’s barbis
Fray’nt et s’ent’erlich’nt au long des brémailles
Malgré qu’les bargers se soyin bouquis
Un souér d’assemblé’, pour eune garçaille.
Dans les ha’s d’aubier qu’en sont ros’s et blanches,
Les moignieaux s’accoupl’nt, à tout bout de branches,
Sans s’douter qu’les houmm’s se mari’nt d’vant l’maire,
Et i’s s’égosill’nt à quérrier aux drôles
L’Amour que l’on r’jitt’ des liv’s'de l’école
Quasi coumme eun’ chous’ qui s’rait pas à faire.
A l’oré’ du boués, i’ s’trouve eun’ grand crouéx,
Mais les peupéiers sont pus grands dans l’boués.
L’fosséyeux encave un mort sous eun’ pierre,
On baptise au bourg : les cloches sont claires
Et les vign’s pouss’ vart’s, sur l’ancien cim’tiére !

Ah ! Les pauv’s ch’tiots liv’s que ceuss’ des malettes !
Sont s’ment pas foutus d’vous entrer en tète
Et, dans c’ti qu’est là, y a d’quoué s’empli l’coeur !
A s’en empli l’coeur, on d’vienrait des hoummes,
Ou méchants ou bons – n’importe ben coumme! -
Mais, vrais coumm’ la terre en friche ou en fleurs,
L’souleil qui fait viv’e ou la foud’ qui tue.
Et francs, aussi francs que la franch’ Nature,
Les p’tiots ont marché d’leu’s p’tit’s patt’s, si ben
Qu’au-d’ssus des lopins de seigle et d’luzarne,
Gris’ coumme eun’ prison, haut’ coumme eun’ casarne
L’Ecole est d’vant eux qui leu’ bouch’ le ch’min.

L’mét’ d’école les fait mett’e en rangs d’ougnons
Et vire à leu’têt’ coumme un général :
 » En r’tenu’, là-bas !… c’ti qui pivott’ mal !… »
Ça c’est pou’ l’cougner au méquier d’troufion.

On rent’ dans la classe oùsqu’y a pus bon d’Guieu :
On l’a remplacé par la République !
De d’ssus soun estrad’ le met’ leu-z-explique
C’qu’on y a expliqué quand il ‘tait coumme eux.
I’leu’ conte en bieau les tu’ri’s d’ l’Histouére,
Et les p’tiots n’entend’nt que glouère et victouére :
I’ dit que l’travail c’est la libarté,
Que l’Peuple est souv’rain pisqu’i’ peut voter,
Qu’les loués qu’instrument’nt nous bons députés
Sont respectab’s et doiv’nt êt respectées,
Qu’faut payer l’impôt…  » Môssieu, j’ai envie ! …
- Non ! .., pasque ça vous arriv’ trop souvent ! »
I veut démontrer par là aux enfants
Qu’y a des régu’s pour tout, mêm’ pou’la vessie
Et qu’i’ faut les suiv’déjà, dret l’école.

I’pétrit à mêm’ les p’tits çarvell’s molles,
I’rabat les fronts têtus d’eun’ calotte,
I’ varse soun’ encr’ su’ les fraîch’s menottes
Et, menteux, fouéreux, au sortu’ d’ses bancs
Les p’tiots sont pus bons qu’â c’qu’i’ les attend:

Ça f’ra des conscrits des jours de r’vision
Traînant leu’ drapieau par tous les bordels,
Des soldats à fout’e aux goul’s des canons
Pour si peu qu’les grous ayin d’la querelle,
Des bûcheux en grippe aux dents des machines,
Des bons citoyens à jugeotte d’ouée :
Pousseux d’bull’tins d’vote et cracheux d’impôts,
Des cocus devant l’Eglise et la Loué
Qui bav’ront aux lév’s des pauv’s gourgandines,
Des hounnètes gens, des gens coumme i’faut
Qui querv’ront, sarrant l’magot d’un bas d’laine,
Sans vouer les étouel’s qui fleuriss’nt au ciel
Et l’Avri’ en fleurs aux quat’ coins d’la plaine !…

Li ! l’vieux met’ d’école, au fin bout d’ses jours
Aura les ch’veux blancs d’un déclin d’âg’ pur ;
I’ s’ra ensarré d’l'estime d’tout l’bourg
Et touch’ra les rent’s du gouvernement…
Le vieux maît’ d’écol’ ne sera pourtant
Qu’un grand malfaiseux devant la Nature !..

Gaston Couté
Assemblée = fête du village
Berlancer = Balancer, remuer au vent.Blue = Bleu.Bouquis (se bouquir ou se bouquiner) = Vieux terme beauceron peu usité signifiant se fâcher comme boucs et lièvres quand ils couvrent leurs femelles.
Brémailles = Broussailles, bruyères emmêlées.
Ch’tiots = Les petits enfants et aussi les objets de peu de volume et de valeur.
Drôles = Les gamins.
Etouel’s = Etoiles.
Guieu = Pour Dieu.
Licher = Pour lècher, boire, avaler.
Loués = Pour lois.
Malette = Sac d’écolier ancien en forme de petite malle où étaient les livres, les cahiers et parfois le déjeûner et le goûter des écoliers éloignés de l’école.
Méquier = Métier.
Pâtis = petit pré

kernoa @ 9:04
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Provinces-Unies

Posté le Samedi 2 juillet 2011

Un lundi plein de projets. Tant à faire ! Sans doute trop. J’ai fini ce matin de récupérer « la peinture occidentale » de l’ami canadien : c’est copieux !
Un petit coup d’oeil dans les « V » pour un coucou au bon Vermeer.

La « jeune fille à la perle » à qui ressemblait notre ancienne documentaliste. Sophie, si tu es dans le coin, donne de tes nouvelles !

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« L’art de la peinture » : quelques détails et une bonne explication ici

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dtail2.jpg dtail3.jpg dtail4.jpg dtail5.jpg détail1

kernoa @ 13:09
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Manger pour vivre…

Posté le Vendredi 1 juillet 2011

Premier dimanche d’une longue période de solitude.
Deux trois tomates qui rougissent dans le jardin et un reste de mouton-patates dont il faudra se contenter.
Rêvons un peu…

Le menu du repas offert par M. le président Dodin-Bouffant à Son Altesse Royale le prince héritier d’Eurasie
«Le pot au feu proprement dit; légèrement frotté de salpêtre et passé au sel, était coupé en tranches et la chair était si fine que la bouche à l’avance le devinait délicieusement brisante et friable. Le parfum qui en émanait  était fait non seulement de sucs de boeuf fumant comme un encens, mais de l’odeur énergique de l’estragon dont il était imprégné et de quelques cubes, peu nombreux d’ailleurs, de lard transparent, immaculé, dont il était piqué. Les tranches assez épaisses et dont les lèvres pressentaient le velouté, s’appuyaient mollement sur un oreiller fait d’un large rond de saucisson, haché gros, où le porc était escorté de la chair plus fine du veau, d’herbes, de thym et de cerfeuil hachés.Mais cette délicate charcuterie était elle-même soutenue par une ample découpade, à même les filets et les ailes, de blanc de poularde, bouillie en son jus avec un jarret de veau, frotté de menthe et de serpolet. Et pour étayer cette triple et magique superposition, on avait glissé audacieusement derrière la chair blanche de la volaille, nourrie uniquement de pain trempé de lait, le gras et robuste appui d’une confortable couche de foie d’oie frais simplement cuit au chambertin. L’ordonnance reprenait ensuite avec la même alternance, formant des parts nettement marquées, chacune, par un enveloppement de légumes assortis cuits dans le bouillon et passés au beurre ; chaque convive devait puiser d’un coup entre la fourchette et la cuillère le quadruple enchantement qui lui était dévolu pour le transporter sur son assiette.
Subtilement, Dodin avait réservé au chambolle l’honneur d’escorter ce plat d’élite. Un vin uni aurait juré avec quelques unes des parties qui le composait ; le chambolle nuancé, complexe et complet, recelait dans son sang d’or rose assez de ressources pour que le palais y pût trouver à temps, suivant le chair dont il s’imprégnait, le ton nécessaire, la note indispensable.
…. Ah cette purée ! Le gastronome ne laissait à personne le soin de la préparer. Trente six heures à l’avance, il choisissait lui-même, un par un, des oignons nouveaux, de même taille, de même couleur, de même saveur. Il les coupait lentement en tranches égales ; puis dans une grande, une profonde marmite de terre, il disposait ces tranches, une à une, par couches superposées, et quand il en avait étendu trois, il interposait entre la dernière et la suivante une magnifique épaisseur de beurre fin, très frais. Il n’arrêtait ce minutieux travail qu’à quelques centimètres du bord du récipient. Il versait alors sur sa construction un demi bol d’excellent consommé et un verre à boire d’une fine champagne vieille, très douce, et surtout pure de toute manipulation sucrée. Puis, sur le tout, il scellait avec du ciment le couvercle de terre de la marmite afin que le parfum demeurât concentré. Et pendant trente six heures, sur un feu très doux de branches de chêne, l’oeuvre cuisait lentement, religieusement, gravement.»

Marcel Rouff

kernoa @ 11:16
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Prenez donc la peine d’entrer…..

Posté le Jeudi 30 juin 2011

« A Kernoa » c’est une chanson de Jean Michel Caradec, ce talentueux funambule trop tôt disparu.

J’aime bien l’idée de ce pays où « les arcs-en-ciel sont bleus », où « le ciel est mauve quand on est amoureux »

« Les chevaux sont des licornes, les femmes des fées » mais leurs habits sont « un peu défaits ».

J’ai très envie d’y aller faire un tour et tant pis…

« Mais ne pensez pas revenir car on ne revient pas

D’un pays qui n’existe pas »

 

J’essaie autant que possible d’identifier les photos, si quelqu’un venait à trouver quelque gêne à mes agissements qu’il me le fasse savoir, je corrigerais au plus vite.

Il en va de même pour les mp3 qui ne se veulent rien d’autre que la reconnaissance du talent de leurs auteurs.

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http://www.jeanmichelcaradec.com/pages/lagrandcombe.htm

02akernoa.mp3

 

 

 

kernoa @ 10:31
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