Virtuelle étape nantaise, le temps de saluer les copines

Posté le Dimanche 14 août 2011

Mon vieux Phaéton roupille tranquille, gavé de bonne musique et de beaux objets. J’ai déploré les nouvelles du monde : le moulin à vent a désenfourché la bicyclette présidentielle pour faire une réunion qui va, dixit les ministres, déboucher sur une nouvelle réunion qui devrait nous annoncer des décisions autour du 24 de ce mois (Phaéton m’a fait part de quelques doutes et n’a guère hâte d’être au 24, je le comprends mais refuse à m’imaginer à quelle nouvelle charognerie comptable nous allons encore être confrontés, pour sa part il craint le non-renouvellement d’un mécanicien sur deux partant à la retraire !). Pendant ce temps l’Angleterre brûle, l’Italie semble exsangue et une « rumeur » a fait plonger la bourse. Depuis ça se calme et il faut se réjouir, comme beaucoup, de notre nationale équipe, qui, si elle n’a pas gagné, n’a pas perdu.

Ben ma doué béniguet on est bien mené avec des trucs pareils, entre la langue de bois, la rumeur et la volatilité des marchés on ne se sent pas trop rassurés.

Un peu plus tard….
Nous filons virtuellement sur Nantes notre prochaine étape. Phaéton voulait du diato, du diato il aura ! Mais du bon. On va faire un saut rapide chez Diou Flo c’est ici. Le site s’ouvre une de leur très belles compositions « Ouessant » mais elle existe aussi en video. Plutôt réussi non ? Avec le vent à la rythmique. Ca ne vous donne envie de repartir en vacances ?

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Nous voici arrivés à Nantes, la belle, la rebelle comme disent les Tri Yann qui sont d’ici. Mon pauvre Phaéton se désole car il n’aura pas accès au si joli passage Pommeraye. A chaque fois que j’y passe je pense à « La Reine blanche » de J.L Hubert, un peu moins bon que le « Grand Chemin » mais bien émouvant quand même, avec le père Carmet et ses cigarettes et le regretté Giraudeau. Sans oublier Catherine Deneuve qui épluche des patates.

 

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J’aime bien Nantes, c’est joli et ça bouge bien mais ne comptez par sur moi pour vous en faire un descriptif touristique car des choses importantes nous attendent. Il y a du monde (et du beau) à visiter.

Nous allons d’abord saluer la petite Angèle. Elle est arrivée, il y a quelques années, dans les bagages de mon aîné. Ils sortaient du lycée autogéré de Saint-Nazaire, un beau rêve qui a pris des couleurs de rouille avec le temps. La faute à qui ? Je ne l’ai jamais bien su ; peut-être un manque global d’investissement tant de la part de certains enseignants que d’une majorité d’élèves.

Ils en ont tout de même ramené comme un état d’esprit, une curiosité, un autre regard sur les gens et les choses.

Le retour à la vie civile fut délicat, Notre Dame des Querelles vint souvent nous rendre visite (elle n’a guère cessé depuis mais pour d’autres raisons, pour preuve le retard de ce billet). J’en parle d’autant plus à mon aise que j’ai effectué mon service militaire. Je n’en tire nulle fierté mais il m’arrive de ressasser avec d’autres les sempiternelles anecdotes. Je n’ai par contre jamais entendu parler du moment de la « sortie », de cette période où l’on quitte un monde d’une totale prise en charge des activités, du temps, de la vie (on peut y trouver quelque confort) à cette vie quotidienne qui paraît si banale mais qui peut poser tant de problèmes à qui s’en est déshabitué.

On ne se lève pas à quatre heures de l’après-midi pour remettre à demain ce que l’on a pas fait hier. Vieux Phaéton j’ai tempêté (repentir ?) plus souvent qu’à mon tour. Et puis ça s’est fait (mes hurlements n’ont pas dû y être pour quelque chose, au fond ils ne faisaient plaisir qu’à moi). Une simple prise de conscience de vouloir entrer dans la vie qui est la nôtre. Ils ont trouvé un travail, un petit boulot comme l’on dit de nos jours.

Pendant qu’il faisait cuire des centaines de steaks hachés pour une multinationale portant un nom de canard, elle, toujours aussi modeste, vendait du pain chez un boulanger-pâtissier salon de thé.

Nous les véhiculions, ma chère et tendre et moi-même, pour parcourir la dizaine de kilomètres qui les séparaient de leurs emplois respectifs. Nous dinions souvent ensemble, assez tard le soir, boulot oblige. Quand elle appréciait ma cuisine (je suis en charge du brouet familial) elle voulait absolument lui avouer avoir mis quelque poudre de perlinpinpin dans la soupe.

Nous poursuivions la conversation dehors : elle me disait ses peurs enfantines d’un certaine Madame Jacques, sans doute une fort sympathique grand-mère du Finistère Nord. Elle m’a appris « Le petit ver tout nu » qui, fit un tabac auprès des 6e (à tel point qu’ils me le chantent encore…beaucoup plus tard). Elle était toute heureuse de rapporter quelques invendus qu’elle déposait sur la table comme un petit trésor. Nous n’avons guère manqué de pain à cette époque.
On s’habituait.

Tu vois, vieux complice, il m’est arrivé une chose exceptionnelle, un de ces petits bonheurs qui rendent la vie plus belle. Pendant quelques mois, j’ai eu une fille, comme ça, en « leasing »mais pleinement fonctionnelle. Un petit bout d’enfance à peine finie qui a mis quelques rayons de soleil dans le quotidien.

« Et ensuite ? ». Phaéton me sent un peu triste.

Le boulanger-pâtissier salon de thé s’est révélé être un Thénardier de première, si la patronne était gentille, lui rognait sur les salaires, proposant des horaires de plus en plus impossibles. Il a d’ailleurs eu des ennuis et a pris la tangente depuis. La petite s’est lassée, l’amour s’est étiolé et elle est repartie dans sa bonne ville de Nantes. Elle a eu la gentillesse de revenir nous voir et j’ai été content de constater que la petite étincelle brillait toujours.

Le fiston a poursuivi la cuisson des ses steaks, il est devenu formateur en cuisson (30 euros de plus par mois), a gravi un autre échelon pour quelques euros de plus et on lui a rejoué « La Terre de la Grande Promesse ».

Il est parti.
Horaires impossibles, salaires de misère, qui sont-ils tous ces négriers qui hurlent contre une jeunesse paresseuse mais qui n’ont cesse de l’exploiter.

Et on laisse faire !

Phaéton, laissons la petite, le virtuel me suffit. Nous nous reverrons j’en suis sûr.

Je t’invite. Que penses-tu d’une petite sole au beurre blanc avec un petit muscadet sur lie dont quelques bulles remontent sur le verre.

Il sera temps demain d’évoquer Bernadette.

 

Pour Angèle

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kernoa @ 18:57
Enregistré dans Billevesées
Le monde bouillonnant du diato, pleins de boutons mais ni maladie ni guerre

Posté le Mercredi 10 août 2011

Résumé des épisodes précédents

J’ai pris coutume de mener Phaéton en laisse courte car si je le sais véloce je n’ignore rien de son âge canonique. Aussi nous contentons-nous du train-train habituel : Phaéton boulot, Phaéton dodo, Phaéton bistrot (pour le tabac et rester informé des nouvelles du monde).

Pour les grands déplacements je fais confiance à une voiture du peuple d’Outre-Rhin qui me donne toute satisfaction, le vieux bougre s’y est fait et l’accepte, certes pas de bon gré, mais sans toutefois trop rechigner. Sage Phaéton ! Je sais que l’âge avance et qu’il va bien me falloir agir de même.

Une exception toutefois, pendant les vacances nous nous autorisons quelque (modeste) aventure lointaine, hors du diocèse. Cette année, hélas, un peu pour des raisons d’économies drastiques (il me plaît de penser que si grands Etats sont dans la même mouise), et surtout pour une accidentelle conjoncture, nous sommes contraints de rester en la nichée. Si je ne m’en plains pas (pourquoi les ferais-je ?), ce vieux ronchon ne m’en a quand même pas moins touché deux mots hier.

Magnanime (ce qui n’est guère dans ma pratique) je lui ai offert un voyage virtuel dans mes souvenirs, m’engageant à ne garder que du bon et jeter les scories par la fenêtre (attention dehors car il y en a pas mal !)

Un tout petit voyage, cher lecteur, ne te mets pas martel en tête, l’habitude est perdue d’aller un mois dans le midi faire le croque-monsieur (ou madame, c’est selon). Le Français d’aujourd’hui voyage court mais souvent et peut-être plus loin (ça je ne suis pas sûr que ça dure). Je parle bien sûr de ceux qui ont la chance de partir dans notre France si riche, les autres n’ont qu’à déplacer leur meubles, ça les changera !

Phaéton est prêt à partir, il est tout attentif ; peu importe l’heure dans ces voyages virtuels, on ne risque pas d’être en retard, un avantage non négligeable.

Au fait nous partons vers l’Ouest. Bien sûr cher lecteur, puisque tu ne sais d’où nous sommes, tu n’es guère avancé ; alors pour faire vite :

- Le périphérique toulousain : franchi dans la seconde.

- Idem pour la traversée de Bordeaux

- Le long ruban qui va jusqu’à Fontenay le Comte qui est si pénible de durée d’habitude, oublié dans l’heure.

Et là j’ai dit « Halte ! »

Phaéton s’en est étonné « Pourquoi s’arrêter ici ? »

« A cause d’un grand bonhomme, un artiste artisan ou un artisan artiste comme tu veux, c’est immanquable ! »

Quelle audace de ma part, j’allais raconter à ce brave Phaéton une visite que je n’avais jamais faite. Ben tant pis, il devra faire avec….

Je vais ajouter du virtuel dans le virtuel.

Un diato, cher Phaéton, c’est un accordéon qui a la particularité, si l’on appuie sur un bouton, de jouer une note différente si l’on pousse ou si l’on tire, à la différence du chromatique qui lui joue la même note (je dis cela pour faire simple car cela peut se compliquer comme les modifications génétiques de Marc Sérafini par exemple cf un peu plus bas). De la musique pour diato il y en a un peu partout, des pays de l’Est à la Scandinavie, du monde celtique au « Tex-Mex » américain, de l’Italie jusqu’à nos amis les Cajuns sans oublier tous les ports où se braillent nos bons vieux chants de marins. Bien joué c’est beau, ça a parfois un côté un peu triste, nostalgique, comme les chansons de Mac Orlan. Tiens, profite donc des conseils de Cyrille Brotto qui interprète la « valse israélienne », c’est un très grand !

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Ca a l’air facile la perfection non ?

Si la musique est belle tu n’auras pas manqué de constater que l’instrument l’est aussi. Un diato se fabrique : beaucoup débutent sur un bon vieil Hohner 2915 (oublions vite les vilaines imitations chinoises) mais pour la gamme au-dessus il faut choisir son « facteur », son luthier si tu préfères.

Certains ne jurent que par Castagnari ou Saltarelle (Italie) mais notre beau pays a aussi ses créateurs, je voudrais ici rendre hommage au talent de quelques uns d’entre eux (que les autres me pardonnent mais pour tous ceux que cela intéresse une liste assez complète se trouve ici). Une amicale pensée au passage à Thierry Beuze (Atelier de l’accordéon près de Quimper) chez qui ma chère et tendre m’a fait cadeau de ce petit Bouèbe de chez Saltarelle dont je joue si mal (pardon Thierry mais les cours étaient loin et tard, je n’ai pas donné suite mais à la retraite je m’y remets, promis). Thierry est aussi membre du groupe Deu’s ta).

Pour les curieux et les amoureux des beaux objets jetez donc un coup d’oeil près à Toulouse : la-BAF de Marc Serafini, n’hésitez pas à parcourir son site, voilà un monsieur qui allie l’humour et le talent (Baf).

La Corrèze ne produit pas que d’ancien (et futur ?) Présidents de la République, on trouve à Tulle les établissements Maugein  

Le Sud n’est pas en reste avec Yvus

A ne pas manquer à La Chapelle sur Erdre, monsieur Bertrand Gaillard

Je vois bien dans l’oeil de Phaéton qu’il n’est pas insensible à la qualité de toutes ces petites merveilles. Avec ta complicité, et si tu n’es pas trop las de me lire cher lecteur, nous allons faire une petite pause pédagogique.

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Phaéton n’est pas tombé dans le panneau, il a bien remarqué que ce n’était pas du diato mais du chroma. En effet Dominique Rivière joue « Le canal en Octobre » sur un « Chaville » de chez Saltarelle. Il joue bien le bougre non ? Il m’a écrit que l’accordéon n’était pas sa spécialité mais plutôt les cordes. A l’écoute de son CD ou sur son site on peut s’en faire une idée, n’hésitez pas à y aller c’est du talent à l’état pur. Merci Dominique.

Tania Rutkowski fait de bien jolies choses aussi.

Quelle diversité dans ce monde du diato : tous les âges, tous les styles, les professeurs hélas sont bien peu nombreux dans certaines régions. Il existe des méthodes, des tablatures comme en proposent par exemple les édtiions Caruhel.

Ca mutualise aussi beaucoup sur internet, en particulier autour de l’excellent logiciel Tabledit .

Surtout il y monsieur Anicet le Marre dont le site vous expliquera tout sur le diato et vous aidera beaucoup dans l’apprentissage.

Maintenant, mon vieux Phaéton, avant d’aller visiter l’ami Stéphane, un coucou au passage à Bernard Loffet, facteur d’accordéons à Caudan (Morbihan). Question « technique » son site est une mine, on peut aussi y admirer ses réalisations. Je n’oublie pas que, pendant qu’il « décoinçait »un des boutons du petit Bouèbe, il a gentiment laissé Nils (un de ses nombreux admirateurs) visiter l’atelier en lui fournissant toutes les explications nécessaires. Qu’il en soit remercié.

Appréciez le savoir-faire du bonhomme  sur un de ses instruments (ce qui prouve que ce n’est pas parce que l’on a pas de chaussures qu’on est dépourvu de talent, fouillez dans les videos, vous comprendrez pourquoi ! Bravo Bernard !)

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Tu sais, cher Phaéton, que c’est plutôt difficile de s’y retrouver dans tout cela. Point n’est question pour nous de choisir le meilleur, ils le sont sans doute tous. Mais j’ai mes attirances, allons de ce pas chez l’ami Stéphane, car vois-tu, en l’état des choses, c’est avec lui que j’aimerais faire affaire.

Rien de rationnel là-dedans, mes humbles connaissances en la matière ne sont nullement le garant de mon choix. C’est du ressenti, du « feeling » comme on dit au pays des hamburgers, mais tiens entre donc, nous sommes arrivés.

Je lui demande de me pardonner de lui avoir piqué deux photos.

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Peut-être faut-il chercher l’explication ici

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Comme d’autres artistes il lui faut un an voire plus pour faire un accordéon, c’est tout dire !

Allez vite sur son site « Les accordéons du Marais »

Mais ce n’est pas tout, il a fait plein de vidéos dont une série qui détaille la fabrication d’un diato c’est ici : http://www.youtube.com/user/abedambondiou

Vous avez vu le nom « abedambondiou », on est bien à l’Ouest. Alors on va se faire un petit plaisir

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Ça sent la salée hein mon vieux Phaéton, puis tu as vu le « L » : c’est ue de ses réalisations. Il en a d’autres et de qualité, tiens tu connais Languidic Phaéton ?

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Bel objet que ce « Maestro ». Pour ma part j’ai un faible pour la « Sirène » mais j’ai assez volé pour aujourd’hui pour vous montrer « le plaisir de jouer avec ma sirène » fouillez dans les vidéos et appréciez la bonne humeur et les copains. Apportez éventuellement une télécommande pour vidéo, ça devrait trouver son utilité.

Change rien, Stéphane. Et qui sait, un jour de meilleures finances, j’ai déjà ce père Phaéton qui souhaite revenir!

 

 

kernoa @ 13:45
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Phaéton revendique

Posté le Mardi 9 août 2011

Ce bon vieux Phaéton m’a ce matin fait grief de notre sédentarité estivale

« Depuis le début des vacances nous n’avons guère fait plus d’une vingtaine de kilomètres au septentrion et autant pour le midi, il n’y a guère de quoi pavoiser !

- Je sais, Phaéton, mais le filet à phynances est bien plat, d’ailleurs eût-il été dodu comme la bedaine d’un moine pansu, que la conjoncture ….

- Je sais, admit-il de bonne foi. Bloqués, scotchés, fixés nous sommes. Il n’empêche que des envies d’ailleurs me tarabustent, il me plairait de voir d’autres gens dans d’autres lieux. »

Je me devais d’agir, je le connais bien mon vieux Phaéton, se plaindre n’est pas son genre, la peine était réelle.

J’entrevis une solution, il me faudrait compter sur ta complicité et ta patience, cher lecteur, mais je te sais généreux. Je me lançai

« Phaéton, inversons les rôles, c’est moi qui t’emmène. D’autres gens dans d’autres lieux : je prendrai du temps chaque jour pendant une petite semaine pour te conter d’ailleurs. Nous voyagerons d’esprit : pas de péages prohibitifs, de contemporains bruyants, d’attentes interminables et de déceptions profondes. Je sasserai dans mes souvenirs pour ne t’en garder que le meilleur. Partons sur l’heure !

- Quelle direction, Monseigneur ? » Voilà qu’il me donnait du monseigneur à présent, on aurait fit Jean Marais en Lagardère, n’allait-il pas bientôt vouloir que je lui touche la bosse !
J’imitai Tournesol :

- Tu t’en doutes bien, vieux Phaéton mon complice, l’Ouest, toujours plus à l’Ouest »

 

kernoa @ 19:18
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Uchronisons…ou l’art de penser en se rasant

Posté le Lundi 8 août 2011

« L’uchronie est une évocation imaginaire dans le temps. « Uchronie » est un néologisme du XIXe siècle fondé sur le modèle d’utopie, avec un « u », négatif et « chronos » (temps) : étymologiquement, le mot désigne donc un « non-temps », un temps qui n’existe pas.

En littérature, c’est un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression « histoire alternative » (alternate history) ou histoire contrefactuelle. Lorsqu’elle est associée à des moyens techniques qui permettent de remonter dans le temps et donc de modifier le passé, l’uchronie est directement associée au genre de la science-fiction.

L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. »

Wikipédia

Uchronisez-vous parfois ? Moi souvent, mais attention, il y a des limites, il faut rester dans un « possible » virtuellement imaginable, si l’on va trop loin dans l’impossible, le temps se met en boule et ça secoue….

Je vous livre quelques exemples glanés pendant ma toilette matinale avant d’aller au marché

- Brice Hortefeux est directeur d’une colonie de vacances pour petits africains pauvres, monsieur Besson y est animateur bénévole

- L’équipe de France de foot a gagné la dernière coupe du monde

- La Chine apporte une aide économique substantielle à un Tibet libre et indépendant

- Le 13 heures de TF1 est intéressant et objectif

- Un échange interculturel permanent est organisé entre Israël et le nouvel Etat palestinien

- Vladimir Poutine est pacifiste et démocrate

- Le Figaro devient lisible

- C’est facile et confortable d’être homosexuel (le) en France

- J’ai de l’argent

- La démocratie, libérée de toute influence extérieure, est la règle dans le Tiers-Monde, d’ailleurs il n’y a plus de Tiers-Monde

- Les prix sont stables et plutôt bas, la grande distribution et les intermédiaires jouent le jeu, petits producteurs et consommateurs y trouvent leur compte

- Il y a 40% de logements sociaux dans les Hauts de Seine, la palme revenant à Neuilly

- Il n’y a plus aucun extrémisme religieux, la tolérance est de mise partout

- Nous sommes tous pleinement heureux dans la France de Nicolas Sarkozy, cette « France d’après » que nous vantaient les affiches de la dernière campagne électorale……Merdre, je me suis coupé !

 

kernoa @ 8:25
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Fernandel et les poupées russes……

Posté le Dimanche 7 août 2011

Je fais suite ce jour à mes élucubrations du 29 juillet dernier que j’avais pompeusement nommées « Oh…ingrat ! »

Un extrait du « mouton à cinq pattes » s’échinait tant bien que mal à rehausser la platitude du propos. J’espère que vous aurez pris plaisir à voir cet étonnant capitaine risquer navire et cargaison en jouant à « la mouche ». A chaque fois que je regarde l’extrait je ne peux m’empêcher de penser à ce bon vieil Orchestre du Splendid (ça marche dans l’autre ses aussi !)
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Je voudrais; modestement, donner ici réponse à la question que tant de gens se posent à savoir « Pourquoi avoir référencé l’article dans la catégorie Littérature ? ».

L’histoire n’est pas l’enfant d’un obscur scénariste, elle sort tout droit d’ « Histoires sous le vent » de Jacques Perret.

Amis de la mer, du beau langage et gourmets de vocabulaire, embarquez donc dans « Le vent dans les voiles » et suivez donc ce brave Gaston le Torch remonter le temps pour venger l’honneur familial. A moins, si vous n’avez pas trop le pied marin, de préférer cette délirante histoire de drapeau des « Biffins de Gonesse ».

Je n’ai pas lu toute l’oeuvre du bonhomme, volontairement. Je me réjouis d’en garder pour l’avenir.

Une précision toutefois mais n’y voyez pas matière à polémique : si vous allez faire un tour sur le site officiel (ici)vous apprendrez dans les éléments biographiques :
« Mobilisé en 1939, il s’engage dans les corps francs au 334ème RI. Fait prisonnier en 1940 près de Longwy, il s’évade après trois tentatives en 1942 et entre dans le maquis au sein de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée) jusqu’à la Libération.

Il continue d’écrire dans divers journaux et y pourfend régulièrement les Droits de l’homme, la démocratie, le parlementarisme tout en affirmant son attachement au régime monarchique. »

Partisan de l’Algérie française il aura pas mal d’ennuis sous de Gaulle.

Notre phaéton roule vélocement dans la direction contraire à ces idées-là ; faut-il pour autant ne pas reconnaître le talent là où il est ? Ne pas admettre le coup de pied au cul que fut la découverte du « Voyage » qui comme tant d’autres me conduisit au bout de la nuit ? Ne pas être honteux d’avoir apprécié « Le feu follet » de Drieu la Rochelle ?

Faire la part des choses…

 

Si vous allez faire un tour sur le site de l’Express vous y ferez connaissance avec une des plus belles sottises (diantre, je suis poli aujourd’hui) du monde du cinéma (ici).

Yves Robert et Tigibus (« si j’aurais su, j’aurais pas venu »), les Longevernes et les Velrans (‘ »à cul les Velrans ! »).

Vous aussi vous avez trouvé du bonheur et un reste d’enfance dans l’épique combat entre ceux de l’Aztec des Gués et ce brave Lebrac. Merci monsieur Pergaud
Quelqu’un a écrit un essai (il me pardonnera d’avoir oublié nom et titre, c’était à la radio, en voiture je n’ai pas noté).

Selon lui, dans notre si permissive société, ce brave Lebrac serait probablement en détention en Centre Éducatif Fermé pour pas mal de motifs.

Et vous avez de la tendresse pour un criminel ?

kernoa @ 7:30
Enregistré dans Littérature
Pour Guillaume en souvenir de Tintin…

Posté le Samedi 6 août 2011

Vous prenez un enseignant qui ajoute la sympathie à la compétence. Il donne toute satisfaction à sa hiérarchie, tant administrative que pédagogique.

Ses collègues l’apprécient, les élèves et les parents itou.

 

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Malheureusement bien que titulaire, le pauvre n’a pas de poste fixe, c’est un TZR (titulaire sur zone de remplacement).

Il est « rattaché » à un établissement à savoir le nôtre. Depuis deux ans il a fait ses preuves, s’est investi dans d’intéressants projets.

Dans le privé, quelle que soit la boîte, un « collaborateur » de ce type on le conserve, on le chouchoute.

Ben dans l’Education nationale on le vire, enfin on ne lui conserve pas son poste car tout là-bas un titulaire à poste fixe n’a pas toutes ses heures or il a priorité sur tout TZR.

Et notre ami, petit Juif errant de la Machine éducative va continuer son éternel voyage, promené de bahut en bahut (jusques à 3), caravanier de l’enseignement qui n’aura pour se projeter que la fin de l’année scolaire au mieux car certains sont nommés pour quelques mois ici ou là, sans rien pouvoir construire à plus long terme.

Ca c’est de la gestion de personnel efficace dans l’intérêt de l’Ecole.

Merci monsieur Chatel !

 

kernoa @ 5:59
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Le presbytère n’a rien perdu de son charme…

Posté le Jeudi 4 août 2011

Pourquoi ça me trotte dans la tête cette damnée chanson « dans mon village en haut, dans mon village en bas ».

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Je ne connais pas le groupe, les commentaires sont en néerlandais, en tapant « an dro retourné » j’ai trouvé une vidéo en Californie….

J’ai deux voisins de chaque côté, il y a « mon voisin d’en haut » et « mon voisin d’en bas » : c’est normal, j’habite dans une côte ! J’aime bien « mon voisin d’en haut », nos maisons ont grandi de conserve mais déjà que sa pelouse verdissait, ses buissons s’étoffaient notre espace lui s’apparentait plutôt au no man’s land de la première guerre mondiale à cause d’un problème de terrassement que des générations d’engins de chantier solutionnèrent plus ou moins, la nature se dépêchant de reprendre le dessus, c’est à dire d’ensemencer le terrain d’espèces végétales n’ayant aucun point commun avec le gazon anglais. Si vous ajoutez à cela l’extrême plaisir d’un gros chien à créer ses propres aménagements vous pouvez vous faire une idée de mon jardin à la française !

Assis sur la terrasse (pas encore carrelée), face à mon voisin d’en haut, j’ai longuement contemplé le désastre.

Je connais moins mon « voisin d’en bas » (un chemin nous sépare), il est arrivé plus tard, ce fut vite fait, maison, haie, pelouse au cordeau, tout a poussé très vite, c’est un peu comme s’il avait posé l’ensemble tout fini comme d’un coup de baguette magique.

Puis, cette année, « mon voisin d’en haut » a pu concrétiser son rêve, il a construit une grande piscine et a refait tout son aménagement extérieur. C’est beau, c’est vert et fleuri. Je suis content pour eux.

N’allez pas penser à quelque sordide jalousie (mon dernier bain collectif doit dater de deux décennies, je n’aime pas les piscines). J’aime bien par contre que les gens aillent au bout de leurs rêves.

Assis sur ma terrasse je fume ma cigarette tranquille.

Je regarde la terrasse de béton brut qui se délite, se creuse, c’est un monde qui évolue. Une chance d’avoir des bancs (mordillés par les chiens quand ils étaient petits), ce serait difficile d’y disposer des chaises à cause des trous.

Ils ont aussi bouffé le bas des volets.

Je regarde spécialement une espèce d’herbe filandreuse vert foncé qui a quasiment colonisé une grande partie du terrain cette année. Elle ne tient pas très bien le soleil cette saleté là, très vite elle vire au brun foncé, ça fait des taches comme des îles sur une mer qu’étoilent des centaines de blanches fleurs de liseron. Rien ne repousse sur les parties gérées par le chien, il a choisi deux ou trois emplacements, a creusé et se couche dessus quand il fait chaud : ça doit le tenir au frais. Bien sûr, vu son poids et la joyeuse argile qui domine ici, l’espace occupé est stérilisé, vitrifié…

Y’a des cochonneries qui traînent un peu partout, des bouts de tuyaux d’arrosage bouffés eux aussi par les chiens qui sont très joueurs. Là, un bidon vide de carburant pour la tondeuse, ici un vieux transat de plastique dont l’usage me semble bien compromis…

Je fume ma cigarette tranquille.

Je sais que de l’autre côté, face à « mon voisin du bas », c’est pire.

La chanson tourne dans ma tête…

Je deviens la honte de la rue.

 

 

Y a 5 à 6 moutons

dans mon village en haut,

Y a 5 à 6 moutons

dans mon village en bas

Y a 5 à 6 moutons

dans mon village en haut,

Y a 5 à 6 moutons

dans mon village en bas

 

Dans mon village en haut

Dans mon village en bas

 

Changeras-tu

Madeline, Madeleine?

Changeras-tu

Madeleine, changes-tu?

Changeras-tu

Madeline, Madeleine?

Changeras-tu

Madeleine, changes-tu?

 

 

kernoa @ 8:27
Enregistré dans Billevesées
Message à destination d’un moyen-âgeux Dervé qui ne vous regarde en rien mais que vous pouvez lire quand même

Posté le Lundi 1 août 2011

Salut Dervé

Pour les ceusses qui savent pas qui c’est Dervé je les incite à regarder la première adresse de « sites » amis. Les « carnets de route du connard sauvage ». Petite précision ce Dervé-là n’a rien d’un connard et il est tout sauf sauvage.

Non, c’est juste un talentueux touche-à-tout, curieux, que je croise souvent dans un lieu de repos ma foi un peu trop sonore à mon goût ; un bonhomme qui n’hésite pas à venir manger son fruit de saison avec moi, dehors sur le trottoir où je tapine sur mes deux mètres carrés depuis que l’on ne peut plus fumer dans les lieux publics, devant la photo du père Prévert à qui l’on a pris soin de gommer son éternel mégot.

Juste deux trois choses, mon pote (je n’aime pas le mot « ami » depuis que « l’on a dîné chez des amis, c’était pas terrible »). « On choisit ses amis rarement sa famille » : suis pas trop d’accord, j’ai connu des obligations, je préfère « mon pote » : le mot n’est pas joli, soit, mais il en dit davantage. Qui c’est qui va nous inventer un terme adéquat et élégant pour raconter de quoi je cause ? Bon on s’en fout.

T’écris bien, bonhomme, t’as les interrogations qu’il faut, tes problèmes de conseiller financier ne sont pas un monopole, crois-en un frelot de déficit, c’est plus une ardoise que j’ai c’est une toiture. Et crois-moi, on est pas les seuls ! On a renfloué les banques quand elles allaient mal, nous renfloueront-elles ?

Ben Makache, Bono et Peau d’zébi..le père Noël n’existe pas !

Ben on fera avec.

Tu nous dit que tu entends des chiens la nuit, t’inquiète, vas faire un tour, la caravane doit pas être loin, ça doit être du monde intéressant ces caravaniers, un jour ici, l’autre là-bas ! Ou alors un renard, c’est peut-être Goupil qu’est sorti du manuel de français, ça va être sympa comme rencontre !

Ne fais pas réponse sur ton blog, faudrait pas que ça fasse partie de ping-pong.

Remets ton bleu, retourne à l’atelier et remplis tes bouteilles, je suis sûr que l’une d’entre elles finira par arriver.

A un bientôt que nous souhaiterions plus tardif mais faudra faire avec

Ton phaéton  pas si véloce.

kernoa @ 14:00
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Il y a quelque chose en nous de Thénardier…

Posté le Dimanche 31 juillet 2011

Mais non mon Johnny, toi le chanteur inusable, je ne vais pas te piquer ta chanson. A toi le Tennessee (si tu passes par Nashville fais donc un coucou à Kristofferson, je l’aime bien). Ne t’inquiète pas, garde ta « Rock’n roll attitude », je ne vais pas te le reprocher moi qui t’ai vu surfer sur toutes les modes (rappelle-toi « Cheveux longs, idées courtes » et quelques années plus nous servir « Massachusetts », t’as peur de rien bonhomme, toutes les modes.. si demain les Martiens débarquaient tu chanterais leurs chansons avec une « Rock’n roll attitude » bien sûr !)

Audiard a un peu évoqué le problème par la voix de Maurice Biraud dans « Un taxi pour Tobrouk », c’est de l’anthologie.

Qu’est-ce qui me prend d’attaquer un monument bille en tête ? Le temps sans doute ou un concert « officiel » d’un des derniers quatorze juillet…A moins qu’une certaine demande de nationalité belge en ces temps de discussions sur la bi-nationalité (Sus à la Viking!).

Bon j’arrête, au fond je n’ai pas l’âme féroce, je voulais juste causer éducation. Brisons-là !

A bien y réfléchir nous avons raison, c’est la loi qui le dit et puis la coutume aussi « Tu vas faire ce que je te dis..c’est pour ton bien ». A la maison, au stade, à l’école « Faire ce qu’on me dit..c’est pour mon bien ». Alors il y a les rôdés, ceux qui font tout de suite, il y en même qui anticipent. La cohorte des résignés est de loin la plus nombreuse « Ben c’est comme ça, faut l’faire ». Bien sûr ça cahote un peu, la machine grippe parfois, on se laisse aller mais on s’y met vaille que vaille et au bout du compte on s’en tire.

Mais les rêveurs, les lunaires ? La poignée de ceux qui sont bien dans le monde qu’ils se sont construit. Les cancres à la Prévert..Ceux qui s’extasient de voir les gouttes de pluie sur la fenêtre, les reflets dans les cheveux de la voisine, les nobles chevaliers combattant sans cesse les dragons, les méchants qu’en sais-je ?

La seule réponse que je sache (puisse ?) leur apporter c’est « Cosette, prends ton seau ». Devoir accompli, soit, mais en tirer fierté ?

Et au bout du compte, devenus adultes ? Bientôt la pré-rentrée. Sommes-nous si différents de la classe évoquée plus tôt ?

Tiens, il y a des gouttes d’eau sur la fenêtre….

kernoa @ 6:52
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Penn Sardinn

Posté le Samedi 30 juillet 2011

Ca y’était, l’article de demain était dans la poche. Plus guère qu’une question de grifonnage, pardon de « tapuscrit »comme on dit dans les milieux autorisés. J’allais vous conter de « Taillevent », groupe de chants de marins des environs de Vannes. Excellent groupe qui depuis une vingtaine d’années me donne envie de monter sur le pont et de partir au large mais, sniff, là où j’habite la plage est grande.

Je les connais les bonshommes, deux très bien, un coeur gros comme ça et plus de questions dans la tête que de réponses toutes faites. Bien sûr l’âge avance et les gammas aussi, mais ne vous inquiétez pas, c’est de l’acacia, ça tient la marée et ça ne va pas chavirer dans le premier petit grain venu.

Mon fiston m’a ramené leur dernier CD : « Poblou an aodou » (Peuples des côtes). Bons textes, bonne interprétation (ça déraille parfois juste ce qu’il faut pour que l’on prenne conscience que c’est élevé sous la mère cette musique-là, pas de la lobotomie industrielle). Je précise que, si celui-là est bon, les autres ne sont pas mal non plus, alors si vous voulez vous faire un petit cadeau….

taillevent.jpg

Long voyage à faire avec le fiston, il introduit le disque, je n’avais jamais entendu le CD, et là surprise !

Boum, le coup de foudre pour la seconde chanson. Je voulais en discuter avec vous aujourd’hui mais l’affaire s’est compliquée.

D’avance se faire une opinion, qu’ils me pardonnent l’emprunt

Bonne écoute, je reviens un peu plus bas !

Bon, alors elle est bien la chanson non ?

Je voulais faire un petit topo sur cette affaire des sardinières. J’ai cherché et….je suis tombé en admiration devant l’auteure, Claude Michel.

Drôle d’aventure que cette chanson. Voilà de quoi dire aux geignards qui pensent que notre belle jeunesse (hors H.IV) n’est plus bonne à grand-chose, un petit coup d’oeil vers là où le soleil se couche pourrait bien les contredire.

Je vous laisse apprécier le parcours de la dame puis son interprétation et mille bombardes fasse Bélénos que l’on en rencontre davantage des gens comme elle. Chapeau collègue !

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Et voilà le résultat, ça donne bien envie de retourner dans la rue même si depuis pas mal de temps (2003 ?) nos dirigeants s’en foutent !

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Bon pour la grève des sardinières consultez Gogol ! (ça vaut la peine)

 

 

kernoa @ 0:36
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