Catégorie

Archive pour la catégorie « Billevesées »

Un rat est venu dans ma chambre…

Rien à dire ce soir. Mon Phaéton demeure rassuré, la France n’a pas été touchée par l’affreux nuage de Tchernobyl. Quelques malfaçons dans nos centrales, mais dormez tranquilles, braves gens, tout va bien.

Phaéton a eu le mot de la fin « Comment les croire ? ». Rien à lui répondre, dans ce pays où les nuages s’arrêtent à la frontière et le pouvoir d’achat ne fait qu’augmenter.

Et dire que mon père en est décédé de cette foutue glande, trois ans plus tard.

Il y a des doutes (sérieux en Corse) et tant d’autres…..

Mais non, circulez, y’a rien à voir. Reviens-nous, Père Coluche, je sais bien c’est mieux là-haut, mais une petite visite d’ici le printemps nous donnerait du coeur à l’ouvrage.

 

Allez, cessons de braire, un coup de chapeau au père Mac Orlan. Je sais, certains diront que pendant la guerre….Le sujet a déjà été abordé.

Le texte est sympa, la musique aussi mais le mariage des deux  à mon avis les sublime. C’est aussi un clin d’oeil à mon lointain ami Jean-Marcel, poète de son état même s’il faisait quelques piges à l’EN.

Si vous appréciez le style, la Chanson de Margaret n’est pas mal non plus, quel texte ! C’est ici 

De chanson réaliste on ne fait guère mieux que Sainte-Savine, chanson d’un autre temps mais qui me parle encore.

J’ai confié à Phaéton que de ces chansons (il existe un livre) ma préférée se trouvait sur le CD d’un petit éditeur de Toulouse qui fait ma foi de bien belles choses (ici, et n’hésitez pas à fouiller le site, il y a des pépites !), ma préférée donc parle de Bel-Abbès où l’on perd sa graisse et ses illusions….

Mais ce soir allons donc à Londres retrouver ce  » couteau perfide et glacé »

 

Image de prévisualisation YouTube

La fille de Londres

Un rat est venu dans ma chambre
Il a rongé la souricière
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris entre mes bras blancs
Il était chaud comme un enfant
Je l’ai bercé bien tendrement
Et je lui chantais doucement :

Dors mon rat, mon flic, dors mon vieux bobby
Ne siffle pas sur les quais endormis
Quand je tiendrai la main de mon chéri

Un Chinois est sorti de l’ombre
Un Chinois a regardé Londres
Sa casquette était de marine
Ornée d’une ancre coraline
Devant la porte de Charly
A Penny Fields, j’lui ai souri,
Dans le silence de la nuit
En chuchotant je lui ai dit :

Je voudrais je voudrais je n’sais trop quoi
Je voudrais ne plus entendre ma voix
J’ai peur j’ai peur de toi j’ai peur de moi

Sur son maillot de laine bleue
On pouvait lire en lettres rondes
Le nom d’une vieille « Compagnie »
Qui, paraît-il, fait l’tour du monde
Nous sommes entrés chez Charly
A Penny Fields, loin des soucis,
Et j’ai dansé toute la nuit
Avec mon Chin’toc ébloui

Et chez Charly, il faisait jour et chaud
Tess jouait « Daisy Bell » sur son vieux piano
Un piano avec des dents de chameau

J’ai conduit l’Chinois dans ma chambre
Il a mis le rat à la porte
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris dans mes bras tremblants
Pour le bercer comme un enfant
ll s’est endormi sur le dos…
Alors j’lui ai pris son couteau…

C’était un couteau perfide et glacé
Un sale couteau rouge de vérité
Un sale couteau rouge sans spécialité.

1953 Mac-Orlan Germaine Montéro



Pour Hervé. Donnez-nous aujourd’hui notre brouet quotidien

Salut bon homme

Nous saurons sûrement gérer le « comment » mais je pense que le « pourquoi » n’aura de cesse de nous hanter. Ce n’est pas la meilleure de Mark Knopfler (musicalement et poétiquement parlant) mais elle est de circonstance.

Maigre cadeau mais du fond du coeur.

A bientôt sur ta passerelle, captain !

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Everything was in there
That you’d want to see
Corned beef and onions
And true love
Turnips and tinned tomatoes
Parsnips and a few potatoes
A couple extra blessings
From above

Now this here mingle-mangle
Was my best one yet
A big old bad goulash
Worth waiting for
And i’m just about to dip my can
Taste some brotherhood of man
When I get a feeling
That there’s a flaw

Who put old pigweed
In the mulligan
Was it you
Who put old pigweed
In the mulligan stew
I close my eyes
For just a minute
What do you do
Who put old pigweed
In the mulligan stew

You won’t find self-improvement or philosophy
In a dumpster sitting by
The kitchen door
There’s plenty leek and humble pie
Ain’t too much ham on rye
Sometimes I wonder
What i’m looking for

But a spoonful of forgiveness
Goes a long, long way
And we all should do our best
To get along
Add a pinch of kindness crumbling
To your loving dumpling
Okra for thickening
When something’s wrong

But who put old pigweed
In the mulligan
Was it you
Who put old pigweed
In the mulligan stew
I close my eyes
For just a minute
What do you do
Who put old pigweed
In the mulligan stew



Scissiparité éducative

Quelques jours de silence. Au fond, ce n’est pas plus mal. Phaéton me faisait justement remarquer qu’en cet été finissant les médias de toutes sortes nous abreuvaient de discours, petites phrases, propositions diverses qui, selon lui, contribuaient plus qu’à l’accoutumée à faire grimper le thermomètre de l’idiotie (sans parler de celui de la mauvaise foi dont il s’étonne qu’il n’ait déjà rendu l’âme). Brave ami, il était fort furieux : lui qui d’habitude s’en tient à un langage sinon châtié, du moins correct, osât même me confier à l’oreille (vous me pardonnerez, je cite) « Il y a une fichue défaillance du filtre à cons en notre beau pays en ce moment ».

Je voulais vous entretenir de lansquenets, colichemarde et flamberge (un petit coup d’internet à propos de ce terme me mit quelque peu en émoi car il me conduisit direct en une ville que je connais assez bien où l’an 1419 fut meurtri Jehan de Bourgogne).

Ce sera pour plus tard car mon compère a lourdement insisté pour évoquer ce surprenant projet éducatif qui nous vint aux oreilles un peu avant les vacances : regrouper les élèves par classe et non par zone. En gros, un »collège » pour les 6e-5e et un autre pour les 4e-3e, tout ceci pour faciliter la « mixité sociale » et que les « grands » n’embêtent pas les petits. Pourquoi jouer « petit bras » s’est enflammé Phaéton, allons plus loin ! Nous savons bien que, devenus des 5e les ex-petits 6e, font valoir leur « supériorité » sur les nouveaux entrants. N’en va-t-il pas de même dans nos prestigieuses grandes écoles ?

Alors poussons le bouchon me suggéra-t-il. Un collège par classe, une école primaire par niveau (pour que les CM2 ne rackettent pas le goûter des CP).

« Mais Phaéton, mon bon bon, quid des redoublants ?

- On les isole ! ». Il était remonté.

Je pensai au « blanc manteau d’églises » de notre beau Moyen-Age et j’entrevis toutes ces écoles, je vis des profs se saluer « T’es où en ce moment ? » « En 5e à Mondoubleau, j’ai demandé ma mut pour la 4e mais ça sera dur car y’a du monde ».

Avec quelques regrets j’ai rangé mes outils sanguinaires des guerres de la Renaissance pour vous faire passer le message. Ce sera pour plus tard, j’ai promis. Il a raison mon complice, quand on sabre à tout va dans les effectifs, quand on réduit les moyens, quand on méprise concertation et personnels, quand on casse à grands bras au lieu de réparer, il faut bien compenser en « ouvrant le filtre » !



Le ministre m’a gâché la rentrée….

Je me suis dépoussiéré le cartable, pris à la hâte quelques stylos rescapés de la dernière campagne ainsi qu’un (tout) petit cahier, réveillé mon vieux complice et nous avons repris le chemin des écoliers. La radio était sur France-inter qui recevait monsieur Chatel, actuel ministre de l’Educ’Nat et donc mon patron de tutelle.

Nous ne partageons pas les mêmes idées (valeurs ?), je ne m’en plains pas. « La démocratie est le pire des systèmes mais on n’en a pas trouvé de meilleur ».

Je mentionnerais juste la dialectique (choquante à mes yeux) concernant les salaires : « Nous avons revalorisé de 10% les enseignants en début de carrière, connaissez-vous un pays qui ait revalorisé les enseignants de 10% ? ». Au fait, les journalistes, pourquoi n’avoir pas corrigé le propos ? Nous n’étions plus dans la confrontation d’idées mais un peu pas mal dans la mauvaise foi.
J’écoutais des auditeurs (enseignants, parents) se plaindre du nombre d’élèves par classe. Imperturbable, the big Boss affirmait que la moyenne nationale est à 25, il admit, que dans certains cas , ce pouvait être un peu supérieur. Mais dans la Haute-Marne il y a des classes à 15 ! Et de s’arc-bouter sur ces statistiques. En gros, j’ai 1000, tu as zéro, mais tu n’as pas le droit de te plaindre puisqu’en moyenne nous avons 500. Essaie donc de boucler ton budget avec ces 500 là !

Puis vint le couplet sur la qualité !

J’ai garé Phaéton à sa place habituelle, fais la bise aux copines, salué mes vieux marlous de collègues et en route pour la rituelle grand-messe de début d’année.

Question effectifs nos 3èmes sont quasi toutes à 30, dont celles où nous accueillons nos élèves handicapés. Il va falloir aussi loger l’auxiliaire de vie scolaire qui les accompagne (quelques heures, les moyens ont un peu fondu) dans des salles dont pas mal étaient à l’origine  prévues pour 24 !

J’ai repensé au ministre et me suis dit que faute de demander une mutation pour la Haute-Marne il ne serait pas mal de relire « La Nausée ».

 

Petit kado pour ceux qui ne connaitraient de Soldat Louis que « Du rhum, des femmes… », ils ont fait de bien belles choses aussi, comme « Femmes de Légendes » ou « C’est un pays »..

 

Image de prévisualisation YouTube

Femmes de Légendes
Ombres courbées sous l’orage
Ombres du vent
Lassées des outrages de l’océan
Portées pas d’autres images
Ou d’autres temps
Ames sombres et fragiles
Armées de silence
De granit et d’argile
De siècles d’errances

Ombres sur la lande
Brisées de chagrin
Femmes de légendes
Le regard si loin
Elles attendent qu’ils rentrent
Elles attendent en vain
Ne veulent rien entendre
Du ciel qui s’éteint

Ombres de tous les rivages
Ombres du vent
Tenues en otages aussi longtemps
Face à l’écume sauvage
De vos tourments
Vos amours vous appellent
Les vagues vous disent
L’attente est plus cruelle
La mort sans surprise

Ombres sur la lande
Brisées de chagrin
Femmes de légende
Le regard si loin
Elles attendent qu’ils rentrent
Elles attendent en vain
Ne veulent rien entendre
Du ciel qui s’éteint



Grisoune rentrée

De retour de ces virtuelles vacances au pays des souvenirs je croyais échapper à la traditionnelle déprimante rentrée avec son lot de courrier qui s’empile, pelouse aux allures de forêt équatoriale, poussière accumulée, cours à préparer dans l’urgence et angoissant relevé bancaire avec un gros chiffre en bas mais un – (moins) devant.

Amis lecteurs qui m’avez accompagné tout au long de ce périple je vous en remercie. Si parmi vous certains subissent l’épreuve ci-dessus relatée, je vous rassure.

Des vacances virtuelles ne vous mettent pas à l’abri des principaux symptômes d’une rentrée bien réelle. Phaéton se repose, je vais faire en sorte de le laisser dormir le plus longtemps possible, inutile de le déranger avec mes petits soucis.

D’ailleurs, au fond de moi, une petite musique me dit que ce retour dans le réel, avec sa cohorte d’habituels soucis,  donne davantage de valeur à ces virtuelles vacances, un petit goût de plus vrai et c’est loin d’être désagréable.

Pas trop terribles les infos ces temps-ci. Madame Royal, qui a sans doute revu une énième rediffusion des « 12 salopards » se propose de faire encadrer les détenus par des militaires. Je croyais que la mission d’un soldat était de faire la guerre (ou de permettre à d’autres de la faire) et non de la réinsertion sociale.

Le ministre de l’intérieur limogerait un fonctionnaire pour manque de résultats contre la délinquance marseillaise. A l’aune des promesses de 2007 si l’on applique le même principe à nos dirigeants, et que l’on juge le bilan, il me semble que notre pays va bientôt se trouver dépourvu d’exécutif.

Je vous quitte, j’ai du courrier à trier, du ménage à faire et tellement d’autres choses….

Une très belle dernière pour se donner du courage. Un grand coup de chapeau à Louis Capart, poète de grand talent, qui sait si bien chanter son Enezsun (son Ile de Sein).

Cela donne envie d’aller vélocer par là-bas non ?

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Héritage sénan
Nous sommes du pays où la mer et le vent
Ont donné aux rêves des enfants
Le goût salin des pierres usées par les embruns
Et la pluie compagne des chagrins (bis)
Un pays si petit face au grand océan
Qu’on ne voit pas son ombre au couchant
Un trait sur l’horizon fait de quelques maisons
De granit et de brun goémon (bis)

Ici par grand soleil aux langueurs des étés
Peu de plages où l’on vient se dorer
Un nuage effacé ne fait pas oublier
Qu’une vague peut tout emporter (bis)
D’une roche fragile à l’abord des gros temps
Bateau frêle à la cape souvent
Quand la Vieille au levant et l’Ar Men au Ponant
Veillent toujours la vie des Sénans (bis)

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais
Que l’on porte en soi comme un secret
Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous
Toute l’histoire de ce Caillou

L’Ile de Sein rebelle à l’usure des vents
Tient debout et porte ses enfants
Ceux qui restent l’hiver ou ceux qu’une misère
A poussés vers d’autres continents (bis)
C’est la Voix de notre île entendue dans la ville
A l’écho des douleurs de l’exil
Qui unit chaque feuille que la vie éparpille
Et refait l’arbre de la famille (bis)

Ce bel arbre nomade aux branches vagabondes
Qui jetait des ponts vers d’autres mondes
Revient toujours à terre au cour de l’île-mère
Où ses pas mènent au cimetière (bis)
Croisée des grands chemins des vivants des défunts
Quand de loin le passé nous revient
En écriture d’or près d’un nom familier
On découvre « Joie aux trépassés »(bis)

Refrain

Des pierres du village aux murs des petits champs
Chacun porte héritage d’antan
Quand l’horizon marin vers la Chaussée de Sein
Etait pour l’île son grand jardin. (bis)
Des siècles disparus le Sénan est têtu
Il a pris Patience pour vertu
Quand du Sud en Guilcher, du nord en « Loup de mer »
Quelqu’un porte toujours nos bannières (bis)

Dans le noir dont les femmes habillent la tristesse
Un îlien voit toujours la tendresse
Qui éclaire sous la Jibilinenn austère
Le beau visage d’une grand-mère (bis)
Lui racontant le soir de si belles histoires
Qu’elles sont restées dans sa mémoire
Comme autant de chansons empreintes du breton
Le plus beau, celui de la Maison (bis)

Refrain

Sur la route du phare où l’on flâne rêveurs
Au Nifran, au Lenn ou au Gueveur
Au Men Brial en vue des bateaux attendus
On jette l’ancre sur l’imprévu (bis)
Le monde se refait dans les bistrots des quais
Où l’on va Iliens ou Paimpolais
Par marées de bonheur ou de mélancolie
On pourrait chanter toute la nuit(bis)

Refrain

«Qui voit Sein voit sa fin», «Nul n’a franchi le Raz
Sans connaître ni peur ni Dégâts»
Ces dictons répétés qu’on voudrait oublier
Reviennent à l’heure d’embarquer (bis)
D’Audierne ou Douarnenez l’Enez Sun est passé
Par des grains, des vagues déchaînées
Mais l’on garde quand même cette crainte du jour
D’un possible départ sans retour (bis)

Notre petit royaume aux mille paysages
Mille roches aux terribles visages
Nous apporte la paix lorsque le vent se tait
Que l’île reprend vie sur les quais (bis)
Des ruelles on entend le rire des enfants
Ou Kornog à l’église en passant
Quitter l’île à l’instant s’éloigner du rocher
Ce serait partir à l’étranger (bis)

Refrain



Ils osent tout…

Ce n’est pas parce que nous faisons du tourisme virtuel que nous ne suivons pas d’hexagonales nouvelles. j’ai souri devant la prestation de notre premier ministre aux gros sourcils.

Pour résorber la dette…
En premier : ils vont taxer davantage l’alcool dont j’use, de façon modérée, mais fréquente

Ensuite pétuner nous va nous coûter plus cher

Enfin, mes enfants qui boivent une boisson, dont le nom rappelle une certaine drogue, vont payer davantage.

Et l’on n’augmente pas les impôts !

Donc, si j’en crois ce triste sire de premier ministre sur mon étrange lucarne,, ma famille et moi-même allons contribuer à combler un déficit (dont nous ne sommes guère responsables) autant que n’importe quel buveur d’eau, non fumeur et sans addiction aux boissons américaines.

Ce qui est, sans aucun doute, une mesure démocratique.

Pardonnez-moi, chers lecteurs, cette trivialité, mais j’ai quand même l’impression que l’on se fiche du monde (pour ne pas dire que l’on se fout de notre gueule !)

Les riches futurs contributeurs pour boucher le trou,  au fait c’est 200 millions, TEPA c’est 15 milliards !

Rendez-vous au printemps !



Brest…et les environs

On a fait vite hein ?

Nous sommes à Brest, enfin à Plouzané, pas ben loin.

C’est la sortie des élèves de Kerallan, les profs vont suivre. Toujours en retard, l’équipe d’hist-géo. Sans doute un nouveau projet ! J’ai vu là du beau monde, je voudrais, en premier biser Nathalie et Marie-Pierre. Pourquoi Nath en premier, ben parce que j’ai résidé chez elle, j’ai pu apprécier le dynamisme des enfants, leur gentillesse et puis son mari qui, sans en avoir l’air, est un sacré bonhomme.

Je souhaite au fiston tous les athlétiques succès possibles ; si tu rencontres quelques soucis sur le plat, Phaéton va t’apprendre à vélocer. C’est un maître !

Grande fille, j’ai entendu parler de mega-puzzle, des dizaines de milliers de pièces. Si ça te dit, baguette magique et on agrandit la maison.

Marie-Pierre, je jure du feu de dieu (sans majuscule, comme à l’école), la prochaine fois que l’on fait un échange, je viens avec deux musclés, style pilars de rugby, tu auras moins d’ennuis qu’avec deux filles, profs d’EPS, qui ont quand même réussi à te bousiller ton plumard tout neuf. Salue ton mari pour nous (Phaéton est dans le coup).

Merci pour les crêpes (différentes des galettes), de l’ambiance, de tout le reste et de Camaret !. Une bise à la Dame du Kig Ha Fars du bout de la terre, sa soirée reste gravée.



La Folle journée…Enfin la fin !

Le muscadet était bien bon. Bien sûr, pas question de mettre du cassis ou de la mûre là-dedans, il se suffit à lui-même. C’est comme des glaçons dans un bon single malt, ne pas oublier que la glace est la forme la plus pernicieuse de l’eau. Mais enfin, nous vivons une époque de métissages (enfin pas trop quand même, ça ne métisse pas beaucoup dans les centres de rétention).

Toute la famille était là, on s’est fort embrassés avec Simone. Il est vrai que l’on ne voisine pas pendant quinze ans sans que cela ne crée des liens. Maurice et Isabelle, toujours égaux à eux-mêmes : une bonne parole, une plaisanterie et les nouvelles du bourg.

Bien sûr, il a fallu que l’on reste manger. On a parlé béton. Dame c’est vrai qu’il a fallu en étaler des toupies quand il a refait sa stabulation. Il sait tout faire, Maurice. Les amis étaient là, une bonne ambiance, un grand souvenir. De l’entraide, du travail collectif comme pour l’ensilage avec son ballet de tracteurs.

Tant de travail, tant de risques pour, ces temps-ci, si peu de choses au bout de l’année. Mais jamais de plainte, on continue parce que c’est comme ça et dame bon dieu ça va s’arranger.
On a aussi parlé de notre ancien facteur qui partit à la retraite un peu avant que l’on déménage. Pas ben grand par la taille mais un coeur gros comme ça. Toujours à s’arrêter prendre des nouvelles et nous en donner. C’était parfois la seule voiture qui passait devant chez nous de toute la journée.

Ça crée du lien disent les savants. Il passait chez nous vers 14 heures, nous étions sa fin de tournée, alors il s’arrêtait souvent, un petit coup de gros plan de temps en temps, rien d’exagéré. « Non, non je ne veux rien, tu comprends, on peut pas s’arrêter partout ». Je suis sûr que nous n »étions pas les seuls à l’inviter. Un service à rendre, le sac de médicaments de la personne âgée vivant toute seule : sous le siège de la 4L. « C’est normal tu comprends ». Oui je comprends mais pas les nimbus qui nous dirigent, qui n’ont que la rentabilité pour crédo,…à vomir!

J’aurais dû demander à quelle heure arrivait le courrier ces temps-ci, je parierais entre dix et onze. Là où je suis maintenant, on ne voit plus notre factrice (une bretonne expatriée aussi tiens). Ça a tenu deux trois ans et puis nous avons eu plein de têtes nouvelles et des horaires assez facétieux. En juillet, ce n’était plus la voiture jaune avec l’hirondelle, non c’était une voiture de location (Ada ?). Je n’ai rien contre ces têtes nouvelles, on arrive à se saluer de loin, de temps en temps, quand ils ont le temps, dame il ne faut pas risquer le CDD que leurs cuistres de patrons leur accordent (des dizaines, des centaines ai-je lu). Et au bout un salaire de misère sans perspectives.

Leurs patrons, de serviles technocrates au service de négriers gavés de tout et qui n’en ont jamais assez !

Bien sûr, si Standard and Poor’s avait donné une note à mon facteur, cela aurait certainement été des lettres qui font du point au scrabble.

Je souhaite qu’un jour, un de ces encravatés à quelques milliers d’euros le costume (je n’ai pas que les Américains en tête !) se retrouve avec la « retraite des vieux », sans voiture dans une petite maison du Morbihan, au bout d’un chemin, avec un gros bobo, type grippe ou mal de dents. Peut-être en aurait-il besoin de mon facteur pour ses médocs ! Pour faire du lien !

Allez, j’arrête de m’énerver, « c’est baisé de toute façon, on va finir à la jaille avec des citoyens pareils ! » (la jaille c’est du gallo, na !).

Mon facteur, juste une histoire qu’il nous a racontée un jour. Un de ses « clients » n’avait pas de boîte aux lettres. Un brave gars mais bon il faisait une fixation sur la boîte à courrier. Pas simple d’assurer une distribution ; sous la porte, dans les volets….

Notre préposé résolut de guérir le mal par le mal. Il s’enquit d’un bidon de 200 litres, en métal, un de ces gros bidons sonores de dans le temps. Trois rectangles découpés de haut en bas, avec peint sous chacun « lettres », « paquets », « journaux ». Il m’a assuré l’avoir transporté et caché dans le secteur avec sa voiture personnelle (j’ai un léger doute, c’est grand une 4l jaune !). Il se préparait à installer le « monument » un matin et de glisser le courrier dedans. Hélas, le bougre parlât un peu trop. La nouvelle vint aux oreilles de deux compères, pas des tristes. Le jour venu il allât quérir le bidon, l’installât en appelant son heureux propriétaire. Sortirent alors de je ne sais quelle cachette nos deux compères, l’un en curé, l’autre en enfant de choeur, venir bénir le bidon…au muscadet.

Nous avons bisé tout le monde et pris à l’Ouest, vers Lorient. Phaéton, qui comprend toujours tout, m’a juste demandé « le Nord ? ». Non Phaéton, je serais bien allé baiser une bolée avec le facteur, je sais qu’il est à une dizaine de kilomètres par là-haut mais on s’éterniserait, et puis Jeff n’est pas loin et là on en aurait pour longtemps.

« Jeff ? » Mais oui, rappelle-toi, nous l’avons vu à la vieille auberge, c’est un talon breton.

« Un talon ? » . Un talonneur si tu préfères, ça va les amuser dans le Sud-Ouest mais il y a ici une sacrée bande d’apôtres du ballon ovale, qui vous « poussent le boeuf » à Malestroit. Tous les ans, lors de la fête, on fait griller un boeuf entier, toute la nuit. Ce sont les rouge et jaune qui ont l’honneur de pousser la bête (ficelée sur sa « voiture »jusqu’au -grand barbecue-). C’est lourd un boeuf, Phaéton, j’eus l’honneur, en tant que père de joueur de pousser la bête. Mais ce n’est rien, tu m’entends ce n’est rien à côté de ce qui peut se passer après que la mission se soit terminée.

Il va falloir un jour que je lui explique le sens de « troisième mi-temps »!

Cap à l’Ouest !



La Folle journée…ultime incident de parcours

Je ne sais comment t’expliquer, cher lecteur, les capacités de mon Phaéton. Autant il peut filer comme l’éclair, autant nous pouvons marcher de conserve, l’un à côté de l’autre. C’est justement le cas aujourd’hui, nous sommes invités chez Simone à 300 mètres à peine. Développement durable oblige, nous irons pedibus.

Je suis content,  je chantonne du Guillemer dans ma tête, sans doute un peu à haute voix (cela m’arrive quand je chante « dans ma tête »).  Phaéton, qui sait tout de mes travers, m’interroge

« J’aurais pensé entendre « Bugel en Enez »"

Il a raison, c’est ma préférée sur cet  album. Mais pourquoi chantonner « Rame la vie » ?

Bon qui ne connaît pas Guillemer ? C’est ici . Vous pouvez profiter de tout, j’en aime plein mais j’ai un faible pour cette idée que tout s’arrête pour que dorme un bébé ! (encore que « Au Cabestan devant Ouessant…!)

Deux vers de la chanson me trottent dans la tête

« Il ne faut pas que le souvenir sombre

De ceux qui sont restés à l’ombre »

Une carte postale s’impose. Je sais que Phaéton a faim et soif, qu’il piaffe, comme toi, cher lecteur. Mais, Hic et Nunc je me dois d’avoir le plaisir de le faire car ces gens le méritent.
Pour Sandrine d’abord, qui doit se reposer et comprendre que les après-midi sont longs sans elle. Pour Claude, petite main mais grand coeur, organisatrice inégalée de fêtes fort bruyantes et sympathiques. Jean-Paul ensuite, vénéré RLE, qui, vainement, essaye de mettre un semblant d’ordre sans cette pétaudière. La Dame aux chevaux aussi, comme Nathalie, consoeur d’un cours, les grands profs de maths, musiciens ou non, Geoffroy pour qui les langues sont un problème plus simple que le quotidien, mon ami George « No Pasaran » homme de grande valeur, Momo, et son fort sympathique complice de clavier, qui va bientôt devenir le Chibani du club (t’inquiète, je suis encore là), le récent Auvergnat, parti, comme Karim qui lui occupe d’autres cimes. Et bien sûr pour Anne qui m’a fait connaître tout ce petit monde.

Qui que j’ai pu oublier c’est involontaire, pardon.

La liste serait incomplète sans une pensée pour Martial et Marco (grand bonhomme) et tous ceux, dont j’ignore le prénom, qui m’ont fait comprendre qu’il n’y a pas à gratter très fort sous le bleu pour trouver gentillesse et humanité.

Et pour tous les élèves bien sûr…

A tous, je dois beaucoup.



La folle journée…pause pédagogique

Ami lecteur, si les choses de Bretagne n’ont pas de secrets pour toi, passe ton chemin, je ne t’en voudrais pas.

Phaéton n’est guère curieux mais en quittant notre ex-chaumine il m’a quelque peu interrogé sur mon pedigree. « Pourquoi s’être installé ici ? »

Sacré complice, toujours la bonne question !

Je dus donc lui conter que les origines, bien que très diverses, n’ont rien à voir avec l’Ouest de la France. Mes premiers contacts avec la Bretagne datent de vers l’an dixième de mon âge quand j’en vins à « travailler » (comme on peut le faire à cet âge) chez un agriculteur de ma commune à une petite centaine de kilomètres de Paris. Il avait coutume de prendre un ou deux garnements pour « bricoler ». Nous le connaissions d’avant car quasi tous les jours c’était la laitière à aller remplir à la ferme. Oui, on « allait au lait ». La traite (à la main) n’était parfois pas finie alors on laissait la laitière sur la table, fermée, avec les quelques pièces dans le couvercle.

Et bien sûr on allait jouer dans la ferme (il y a tant à découvrir dans une ferme).

Quand tout était fini, il appelait et l’on s’en retournait avec le bidon plein.

C’est comme cela que l’on fît connaissance. Ce fut surtout vers 14-15 ans que je cessai le bricolage pour passer aux choses sérieuses, les betteraves par exemple ou la moisson.

Il nous donnait trois quatre sous (c’était une petite ferme) mais surtout il y avait le rituel : le café, juste avant la traite, sur les coups de cinq-six heures ; et surtout la grosse tartine de pain et de beurre salé à tremper dans le bol. Du beurre salé, à cette époque, dans un petit village d’Ile de France ! Il n’y avait que chez lui que l’on trouvait cela.

Il avait un accent, sa femme surtout. C’était mon premier Breton. On s’est revu ensuite, très souvent, il avait pris d’autres garnements car j’avais grandi mais je pouvais fréquenter le café du coin (je ne parle que de cafés, de canons et d’apéros dans ce blog. A cette époque je fonctionnais au Vittel-Cassis). Il me racontait sa Bretagne qu’il avait quittée comme ouvrier agricole et se montrait tout content d’avoir pu, à force d’économies, s’acheter cette petite exploitation.

C’était un peu la même histoire que « Bébert », ouvrier agricole de chez nous aussi, originaire de Pluvigner, Breton aussi qui après pas mal d’années employé de ferme s’en vint travailler à l’usine, y restât longtemps et put passer sa retraite dans le petit pavillon qu’il s’était fait construire.

Des gens durs à la tâche. Ce qui nous amusait, c’est qu’à la ferme, devant nous, mari et femme parlaient en français mais dès qu’ils se querellaient c’était dans un drôle de langage. Parfois aussi, en buvant le café, une phrase échappait à l’un ou à l’autre.

Phaéton ne semble guère en voir où je veux en venir. Je ne vais pas lui faciliter la vie.

Il y eut ensuite cette affaire du bac. Nous devions  rendre nos dossiers d’examen ce jour là, remplis au stylo bille noir, sans rature aucune sinon : « pas valable donc pas d’exam ». Je m’étais proposé d’aller essuyer le tableau de la prof d’anglais, espérant peut-être regonfler une moyenne qui ressemblait à celle d’un climat très continental. Ce fut en vain, je vous rassure, mais au retour à ma place je vis ce cono de Patrice mon voisin, hilare du bon tour qu’il m’avait joué en cochant sur mon dossier « Langue régionale : oui, laquelle : breton » au joli stylo à bille noir ineffaçable.

Je passai donc l’épreuve quelques mois plus tard, à Paris, en compagnie d’un collègue du lycée bardé de textes et documents alors que je n’avais pour tout viatique qu’une méchante chanson, quelques mots de vocabulaire et pas mal de jurons (tout ceci transmis à l’oral par mon ex- fermier d’employeur).

Heureusement l’affaire se terminât bien et j’y trouvai quelques avantages.

La vie d’étudiant fut marquée par la Renaissance de la harpe celtique de ce bon Alan Stivell (je le vis trois fois en concert) et mon premier séjour en Bretagne fut organisé par la fac en licence de géographie. Cela bougeait pas mal dans le milieu de la géographie bretonne à l’époque. On parlait territoires, désenclavement, crise démographique, modèle agricole, pouvoirs, développement pérenne… (déjà !) mais pas beaucoup de langues et de civilisation.

Servat, Caradec : voilà ma Bretagne. Pour moi, cette terre-là était intéressante mais uniforme dans sa langue et sa culture. Idiot bête ! La révélation vint du côté de Lannion et de la Fête du PC de Perros-Guirrec. Des copains m’avaient invités dans la maison familiale. Je fis des rencontres, j’appris un peu.

« Donc tu ne fus qu’en Basse Bretagne ? » s’impatiente Phaéton.

Ben oui mon neveu ! Et quand j’obtins ma mutation pour Rennes je ne savais rien de la Haute, hors le fait, inventé de toute pièces dans ma sale caboche, que l’on y parlât moins le breton qu’ailleurs.

L’installation dans le redonnais me mit la puce à l’oreille : trouver une location, les premières nécessités, les démarches habituelles me firent rencontrer du monde au drôle d’accent (pour un parisien de mon espèce). La révélation fut l’oeuvre de mon ami Pinpin, nommé comme moi dans ce collège, de quelques années plus vieux mais guère avec. Au mitan de la pré-rentrée il me proposât tout net d’aller baiser Labollée. Ne souffrant ni de priapisme et ne connaissant point la dame je déclinai l’invitation, un peu surpris de la conduite de mon camarade. En riant il m’avouât le pot-aux-roses : point n’était question d’aller s’esbattre avec une certaine Labollée mais d’aller boire un coup qui se dit ici une bolée. J’avais découvert le gallo, il ne me quitterait plus.

C’est ainsi, cher Phaéton, que nous sommes sur la route de chez la voisine (pas ben loin !) pour aller baiser une bolée avec elle, en toute amitié.

Elle parle gallo, mon aîné le parlât tout petit, Tata Jeanine et l’oncle Zézé ne s »exprimant qu’ainsi comme des dizaines d’autres. Bien sûr, ils faisaient, au début, l’effort de se mettre au niveau de francaoui comme nous mais la nature reprenait toujours le dessus. Et comme nous nous y mîmes, même modestement, il n’y eut plus de limites.

J’ai souvenir, un soir d’été, que la fille de la voisine (celle que nous justement allons revoir) et son fils vinrent nous visiter. Le ciel était chargé en cette fin d’été, les « bêtes d’orage », insectes volant qui nous ostinent sévère, s’en donnaient à coeur joie. Celles-ci étaient un peu différentes de celles que je connaissais dans mon pays de betteraves, je m’enquis de leur nom. « Ben c’est des hips ! » (je transcris.). Un peu plus tard sa maman nous dit que « les hips étaient méchants ce soir là », comme elle aurait pu dire que la « guêpe – prononcer gueupe – vouzonne ».

Je n’ai jamais trouvé la traduction française, je m’en fous, quand ça arrive ben je dis simplement « les hips en ont après ma ». Et puis  demain « on va roucher des pataches » `

 

Et voilà le bout !

Un bon reportage sur le gallo, fait par des élèves de Lamballe, si vous ne connaissez pas, prenez patience c’est très intéressant. Allez sur le site, c’est un peu trop pour le charger sur le blog

c’est ici



1234