Un rat est venu dans ma chambre…

Posté le 11 septembre 2011

Rien à dire ce soir. Mon Phaéton demeure rassuré, la France n’a pas été touchée par l’affreux nuage de Tchernobyl. Quelques malfaçons dans nos centrales, mais dormez tranquilles, braves gens, tout va bien.

Phaéton a eu le mot de la fin « Comment les croire ? ». Rien à lui répondre, dans ce pays où les nuages s’arrêtent à la frontière et le pouvoir d’achat ne fait qu’augmenter.

Et dire que mon père en est décédé de cette foutue glande, trois ans plus tard.

Il y a des doutes (sérieux en Corse) et tant d’autres…..

Mais non, circulez, y’a rien à voir. Reviens-nous, Père Coluche, je sais bien c’est mieux là-haut, mais une petite visite d’ici le printemps nous donnerait du coeur à l’ouvrage.

 

Allez, cessons de braire, un coup de chapeau au père Mac Orlan. Je sais, certains diront que pendant la guerre….Le sujet a déjà été abordé.

Le texte est sympa, la musique aussi mais le mariage des deux  à mon avis les sublime. C’est aussi un clin d’oeil à mon lointain ami Jean-Marcel, poète de son état même s’il faisait quelques piges à l’EN.

Si vous appréciez le style, la Chanson de Margaret n’est pas mal non plus, quel texte ! C’est ici 

De chanson réaliste on ne fait guère mieux que Sainte-Savine, chanson d’un autre temps mais qui me parle encore.

J’ai confié à Phaéton que de ces chansons (il existe un livre) ma préférée se trouvait sur le CD d’un petit éditeur de Toulouse qui fait ma foi de bien belles choses (ici, et n’hésitez pas à fouiller le site, il y a des pépites !), ma préférée donc parle de Bel-Abbès où l’on perd sa graisse et ses illusions….

Mais ce soir allons donc à Londres retrouver ce  » couteau perfide et glacé »

 

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La fille de Londres

Un rat est venu dans ma chambre
Il a rongé la souricière
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris entre mes bras blancs
Il était chaud comme un enfant
Je l’ai bercé bien tendrement
Et je lui chantais doucement :

Dors mon rat, mon flic, dors mon vieux bobby
Ne siffle pas sur les quais endormis
Quand je tiendrai la main de mon chéri

Un Chinois est sorti de l’ombre
Un Chinois a regardé Londres
Sa casquette était de marine
Ornée d’une ancre coraline
Devant la porte de Charly
A Penny Fields, j’lui ai souri,
Dans le silence de la nuit
En chuchotant je lui ai dit :

Je voudrais je voudrais je n’sais trop quoi
Je voudrais ne plus entendre ma voix
J’ai peur j’ai peur de toi j’ai peur de moi

Sur son maillot de laine bleue
On pouvait lire en lettres rondes
Le nom d’une vieille « Compagnie »
Qui, paraît-il, fait l’tour du monde
Nous sommes entrés chez Charly
A Penny Fields, loin des soucis,
Et j’ai dansé toute la nuit
Avec mon Chin’toc ébloui

Et chez Charly, il faisait jour et chaud
Tess jouait « Daisy Bell » sur son vieux piano
Un piano avec des dents de chameau

J’ai conduit l’Chinois dans ma chambre
Il a mis le rat à la porte
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris dans mes bras tremblants
Pour le bercer comme un enfant
ll s’est endormi sur le dos…
Alors j’lui ai pris son couteau…

C’était un couteau perfide et glacé
Un sale couteau rouge de vérité
Un sale couteau rouge sans spécialité.

1953 Mac-Orlan Germaine Montéro

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