Scissiparité éducative

Posté le 6 septembre 2011

Quelques jours de silence. Au fond, ce n’est pas plus mal. Phaéton me faisait justement remarquer qu’en cet été finissant les médias de toutes sortes nous abreuvaient de discours, petites phrases, propositions diverses qui, selon lui, contribuaient plus qu’à l’accoutumée à faire grimper le thermomètre de l’idiotie (sans parler de celui de la mauvaise foi dont il s’étonne qu’il n’ait déjà rendu l’âme). Brave ami, il était fort furieux : lui qui d’habitude s’en tient à un langage sinon châtié, du moins correct, osât même me confier à l’oreille (vous me pardonnerez, je cite) « Il y a une fichue défaillance du filtre à cons en notre beau pays en ce moment ».

Je voulais vous entretenir de lansquenets, colichemarde et flamberge (un petit coup d’internet à propos de ce terme me mit quelque peu en émoi car il me conduisit direct en une ville que je connais assez bien où l’an 1419 fut meurtri Jehan de Bourgogne).

Ce sera pour plus tard car mon compère a lourdement insisté pour évoquer ce surprenant projet éducatif qui nous vint aux oreilles un peu avant les vacances : regrouper les élèves par classe et non par zone. En gros, un »collège » pour les 6e-5e et un autre pour les 4e-3e, tout ceci pour faciliter la « mixité sociale » et que les « grands » n’embêtent pas les petits. Pourquoi jouer « petit bras » s’est enflammé Phaéton, allons plus loin ! Nous savons bien que, devenus des 5e les ex-petits 6e, font valoir leur « supériorité » sur les nouveaux entrants. N’en va-t-il pas de même dans nos prestigieuses grandes écoles ?

Alors poussons le bouchon me suggéra-t-il. Un collège par classe, une école primaire par niveau (pour que les CM2 ne rackettent pas le goûter des CP).

« Mais Phaéton, mon bon bon, quid des redoublants ?

- On les isole ! ». Il était remonté.

Je pensai au « blanc manteau d’églises » de notre beau Moyen-Age et j’entrevis toutes ces écoles, je vis des profs se saluer « T’es où en ce moment ? » « En 5e à Mondoubleau, j’ai demandé ma mut pour la 4e mais ça sera dur car y’a du monde ».

Avec quelques regrets j’ai rangé mes outils sanguinaires des guerres de la Renaissance pour vous faire passer le message. Ce sera pour plus tard, j’ai promis. Il a raison mon complice, quand on sabre à tout va dans les effectifs, quand on réduit les moyens, quand on méprise concertation et personnels, quand on casse à grands bras au lieu de réparer, il faut bien compenser en « ouvrant le filtre » !

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