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Archive pour septembre 2011

Ce soir, j’ai essayé d’être sage.

( Non classé )

Un bout de brouillon, écrit dimanche il y a une semaine, que je reprends aujourd’hui…..

« Oui braves gens, avec l’accord de mon bon Phaéton, nous avons regardé la télévision. C’était Murdoch sur la Troisième. Une sorte de polar scientifique qui se passe au Canada à l’orée du 20ème. Pas mal fait, du scénario, des acteurs honnêtes, c’est bien filmé. Bon, je garde une préférence pour les Brigades du Tigre qui ont ensoleillé ma (tardive) jeunesse. N’est pas Pierre Maguelon qui veut !

Trois épisodes à suivre….

J’ai vu le premier dans son entier, une histoire autour d’Houdini, le roi de l’évasion. La pétune me manquait, je suis sorti pour en griller une et j’ai bien sûr raté le début du deuxième. Bon, j’ai pris le train en route de cette affaire de prostituée assassinée, mais j’ai mal suivi, la vessie me taraudait quelque peu. Je suis quand même allé au bout mais j’allais exploser. Le soulagement fut grand de pouvoir se libérer.

Hélas, à peine revenu, le troisième épisode était déjà commencé.

J’ai éteint le poste comme disait ma grand-mère, je suis allé en griller une petite et me voici. »

J’ai récidivé ce soir et même galère. Une vraie mitrailleuse à épisodes, toujours trois à suivre, quasi non-stop.

J’ai repensé à notre président du temps de son hyperprésidence, à cette annonce lors d’une conférence de presse, de supprimer la pub en soirée (un petit cadeau aux copains de TF1 ?). Je sais bien qu’il n’est pas entièrement responsable, que la chaîne publique pourrait faire un effort pour aérer ses programmes. Il n’empêche, je ne peux m’empêcher de penser que cette oukase m’aura gâché une partie de la soirée.

Toutefois attention, un peuple que l’on décolle de l’hypnotique écran risque de se mettre à réfléchir !

A propos de télé, nous avons regardé l’ex-président du FMI pendant quelques minutes, nous avons vite changé de chaîne, écoeurés de ce faux acte de contrition totalement récité.

J’ai mal à la gauche !



Un rat est venu dans ma chambre…

Rien à dire ce soir. Mon Phaéton demeure rassuré, la France n’a pas été touchée par l’affreux nuage de Tchernobyl. Quelques malfaçons dans nos centrales, mais dormez tranquilles, braves gens, tout va bien.

Phaéton a eu le mot de la fin « Comment les croire ? ». Rien à lui répondre, dans ce pays où les nuages s’arrêtent à la frontière et le pouvoir d’achat ne fait qu’augmenter.

Et dire que mon père en est décédé de cette foutue glande, trois ans plus tard.

Il y a des doutes (sérieux en Corse) et tant d’autres…..

Mais non, circulez, y’a rien à voir. Reviens-nous, Père Coluche, je sais bien c’est mieux là-haut, mais une petite visite d’ici le printemps nous donnerait du coeur à l’ouvrage.

 

Allez, cessons de braire, un coup de chapeau au père Mac Orlan. Je sais, certains diront que pendant la guerre….Le sujet a déjà été abordé.

Le texte est sympa, la musique aussi mais le mariage des deux  à mon avis les sublime. C’est aussi un clin d’oeil à mon lointain ami Jean-Marcel, poète de son état même s’il faisait quelques piges à l’EN.

Si vous appréciez le style, la Chanson de Margaret n’est pas mal non plus, quel texte ! C’est ici 

De chanson réaliste on ne fait guère mieux que Sainte-Savine, chanson d’un autre temps mais qui me parle encore.

J’ai confié à Phaéton que de ces chansons (il existe un livre) ma préférée se trouvait sur le CD d’un petit éditeur de Toulouse qui fait ma foi de bien belles choses (ici, et n’hésitez pas à fouiller le site, il y a des pépites !), ma préférée donc parle de Bel-Abbès où l’on perd sa graisse et ses illusions….

Mais ce soir allons donc à Londres retrouver ce  » couteau perfide et glacé »

 

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La fille de Londres

Un rat est venu dans ma chambre
Il a rongé la souricière
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris entre mes bras blancs
Il était chaud comme un enfant
Je l’ai bercé bien tendrement
Et je lui chantais doucement :

Dors mon rat, mon flic, dors mon vieux bobby
Ne siffle pas sur les quais endormis
Quand je tiendrai la main de mon chéri

Un Chinois est sorti de l’ombre
Un Chinois a regardé Londres
Sa casquette était de marine
Ornée d’une ancre coraline
Devant la porte de Charly
A Penny Fields, j’lui ai souri,
Dans le silence de la nuit
En chuchotant je lui ai dit :

Je voudrais je voudrais je n’sais trop quoi
Je voudrais ne plus entendre ma voix
J’ai peur j’ai peur de toi j’ai peur de moi

Sur son maillot de laine bleue
On pouvait lire en lettres rondes
Le nom d’une vieille « Compagnie »
Qui, paraît-il, fait l’tour du monde
Nous sommes entrés chez Charly
A Penny Fields, loin des soucis,
Et j’ai dansé toute la nuit
Avec mon Chin’toc ébloui

Et chez Charly, il faisait jour et chaud
Tess jouait « Daisy Bell » sur son vieux piano
Un piano avec des dents de chameau

J’ai conduit l’Chinois dans ma chambre
Il a mis le rat à la porte
Il a arrêté la pendule
Et renversé le pot à bière
Je l’ai pris dans mes bras tremblants
Pour le bercer comme un enfant
ll s’est endormi sur le dos…
Alors j’lui ai pris son couteau…

C’était un couteau perfide et glacé
Un sale couteau rouge de vérité
Un sale couteau rouge sans spécialité.

1953 Mac-Orlan Germaine Montéro



Pour Hervé. Donnez-nous aujourd’hui notre brouet quotidien

Salut bon homme

Nous saurons sûrement gérer le « comment » mais je pense que le « pourquoi » n’aura de cesse de nous hanter. Ce n’est pas la meilleure de Mark Knopfler (musicalement et poétiquement parlant) mais elle est de circonstance.

Maigre cadeau mais du fond du coeur.

A bientôt sur ta passerelle, captain !

 

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Everything was in there
That you’d want to see
Corned beef and onions
And true love
Turnips and tinned tomatoes
Parsnips and a few potatoes
A couple extra blessings
From above

Now this here mingle-mangle
Was my best one yet
A big old bad goulash
Worth waiting for
And i’m just about to dip my can
Taste some brotherhood of man
When I get a feeling
That there’s a flaw

Who put old pigweed
In the mulligan
Was it you
Who put old pigweed
In the mulligan stew
I close my eyes
For just a minute
What do you do
Who put old pigweed
In the mulligan stew

You won’t find self-improvement or philosophy
In a dumpster sitting by
The kitchen door
There’s plenty leek and humble pie
Ain’t too much ham on rye
Sometimes I wonder
What i’m looking for

But a spoonful of forgiveness
Goes a long, long way
And we all should do our best
To get along
Add a pinch of kindness crumbling
To your loving dumpling
Okra for thickening
When something’s wrong

But who put old pigweed
In the mulligan
Was it you
Who put old pigweed
In the mulligan stew
I close my eyes
For just a minute
What do you do
Who put old pigweed
In the mulligan stew



Scissiparité éducative

Quelques jours de silence. Au fond, ce n’est pas plus mal. Phaéton me faisait justement remarquer qu’en cet été finissant les médias de toutes sortes nous abreuvaient de discours, petites phrases, propositions diverses qui, selon lui, contribuaient plus qu’à l’accoutumée à faire grimper le thermomètre de l’idiotie (sans parler de celui de la mauvaise foi dont il s’étonne qu’il n’ait déjà rendu l’âme). Brave ami, il était fort furieux : lui qui d’habitude s’en tient à un langage sinon châtié, du moins correct, osât même me confier à l’oreille (vous me pardonnerez, je cite) « Il y a une fichue défaillance du filtre à cons en notre beau pays en ce moment ».

Je voulais vous entretenir de lansquenets, colichemarde et flamberge (un petit coup d’internet à propos de ce terme me mit quelque peu en émoi car il me conduisit direct en une ville que je connais assez bien où l’an 1419 fut meurtri Jehan de Bourgogne).

Ce sera pour plus tard car mon compère a lourdement insisté pour évoquer ce surprenant projet éducatif qui nous vint aux oreilles un peu avant les vacances : regrouper les élèves par classe et non par zone. En gros, un »collège » pour les 6e-5e et un autre pour les 4e-3e, tout ceci pour faciliter la « mixité sociale » et que les « grands » n’embêtent pas les petits. Pourquoi jouer « petit bras » s’est enflammé Phaéton, allons plus loin ! Nous savons bien que, devenus des 5e les ex-petits 6e, font valoir leur « supériorité » sur les nouveaux entrants. N’en va-t-il pas de même dans nos prestigieuses grandes écoles ?

Alors poussons le bouchon me suggéra-t-il. Un collège par classe, une école primaire par niveau (pour que les CM2 ne rackettent pas le goûter des CP).

« Mais Phaéton, mon bon bon, quid des redoublants ?

- On les isole ! ». Il était remonté.

Je pensai au « blanc manteau d’églises » de notre beau Moyen-Age et j’entrevis toutes ces écoles, je vis des profs se saluer « T’es où en ce moment ? » « En 5e à Mondoubleau, j’ai demandé ma mut pour la 4e mais ça sera dur car y’a du monde ».

Avec quelques regrets j’ai rangé mes outils sanguinaires des guerres de la Renaissance pour vous faire passer le message. Ce sera pour plus tard, j’ai promis. Il a raison mon complice, quand on sabre à tout va dans les effectifs, quand on réduit les moyens, quand on méprise concertation et personnels, quand on casse à grands bras au lieu de réparer, il faut bien compenser en « ouvrant le filtre » !



Le ministre m’a gâché la rentrée….

Je me suis dépoussiéré le cartable, pris à la hâte quelques stylos rescapés de la dernière campagne ainsi qu’un (tout) petit cahier, réveillé mon vieux complice et nous avons repris le chemin des écoliers. La radio était sur France-inter qui recevait monsieur Chatel, actuel ministre de l’Educ’Nat et donc mon patron de tutelle.

Nous ne partageons pas les mêmes idées (valeurs ?), je ne m’en plains pas. « La démocratie est le pire des systèmes mais on n’en a pas trouvé de meilleur ».

Je mentionnerais juste la dialectique (choquante à mes yeux) concernant les salaires : « Nous avons revalorisé de 10% les enseignants en début de carrière, connaissez-vous un pays qui ait revalorisé les enseignants de 10% ? ». Au fait, les journalistes, pourquoi n’avoir pas corrigé le propos ? Nous n’étions plus dans la confrontation d’idées mais un peu pas mal dans la mauvaise foi.
J’écoutais des auditeurs (enseignants, parents) se plaindre du nombre d’élèves par classe. Imperturbable, the big Boss affirmait que la moyenne nationale est à 25, il admit, que dans certains cas , ce pouvait être un peu supérieur. Mais dans la Haute-Marne il y a des classes à 15 ! Et de s’arc-bouter sur ces statistiques. En gros, j’ai 1000, tu as zéro, mais tu n’as pas le droit de te plaindre puisqu’en moyenne nous avons 500. Essaie donc de boucler ton budget avec ces 500 là !

Puis vint le couplet sur la qualité !

J’ai garé Phaéton à sa place habituelle, fais la bise aux copines, salué mes vieux marlous de collègues et en route pour la rituelle grand-messe de début d’année.

Question effectifs nos 3èmes sont quasi toutes à 30, dont celles où nous accueillons nos élèves handicapés. Il va falloir aussi loger l’auxiliaire de vie scolaire qui les accompagne (quelques heures, les moyens ont un peu fondu) dans des salles dont pas mal étaient à l’origine  prévues pour 24 !

J’ai repensé au ministre et me suis dit que faute de demander une mutation pour la Haute-Marne il ne serait pas mal de relire « La Nausée ».

 

Petit kado pour ceux qui ne connaitraient de Soldat Louis que « Du rhum, des femmes… », ils ont fait de bien belles choses aussi, comme « Femmes de Légendes » ou « C’est un pays »..

 

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Femmes de Légendes
Ombres courbées sous l’orage
Ombres du vent
Lassées des outrages de l’océan
Portées pas d’autres images
Ou d’autres temps
Ames sombres et fragiles
Armées de silence
De granit et d’argile
De siècles d’errances

Ombres sur la lande
Brisées de chagrin
Femmes de légendes
Le regard si loin
Elles attendent qu’ils rentrent
Elles attendent en vain
Ne veulent rien entendre
Du ciel qui s’éteint

Ombres de tous les rivages
Ombres du vent
Tenues en otages aussi longtemps
Face à l’écume sauvage
De vos tourments
Vos amours vous appellent
Les vagues vous disent
L’attente est plus cruelle
La mort sans surprise

Ombres sur la lande
Brisées de chagrin
Femmes de légende
Le regard si loin
Elles attendent qu’ils rentrent
Elles attendent en vain
Ne veulent rien entendre
Du ciel qui s’éteint