Grisoune rentrée

Posté le 29 août 2011

De retour de ces virtuelles vacances au pays des souvenirs je croyais échapper à la traditionnelle déprimante rentrée avec son lot de courrier qui s’empile, pelouse aux allures de forêt équatoriale, poussière accumulée, cours à préparer dans l’urgence et angoissant relevé bancaire avec un gros chiffre en bas mais un – (moins) devant.

Amis lecteurs qui m’avez accompagné tout au long de ce périple je vous en remercie. Si parmi vous certains subissent l’épreuve ci-dessus relatée, je vous rassure.

Des vacances virtuelles ne vous mettent pas à l’abri des principaux symptômes d’une rentrée bien réelle. Phaéton se repose, je vais faire en sorte de le laisser dormir le plus longtemps possible, inutile de le déranger avec mes petits soucis.

D’ailleurs, au fond de moi, une petite musique me dit que ce retour dans le réel, avec sa cohorte d’habituels soucis,  donne davantage de valeur à ces virtuelles vacances, un petit goût de plus vrai et c’est loin d’être désagréable.

Pas trop terribles les infos ces temps-ci. Madame Royal, qui a sans doute revu une énième rediffusion des « 12 salopards » se propose de faire encadrer les détenus par des militaires. Je croyais que la mission d’un soldat était de faire la guerre (ou de permettre à d’autres de la faire) et non de la réinsertion sociale.

Le ministre de l’intérieur limogerait un fonctionnaire pour manque de résultats contre la délinquance marseillaise. A l’aune des promesses de 2007 si l’on applique le même principe à nos dirigeants, et que l’on juge le bilan, il me semble que notre pays va bientôt se trouver dépourvu d’exécutif.

Je vous quitte, j’ai du courrier à trier, du ménage à faire et tellement d’autres choses….

Une très belle dernière pour se donner du courage. Un grand coup de chapeau à Louis Capart, poète de grand talent, qui sait si bien chanter son Enezsun (son Ile de Sein).

Cela donne envie d’aller vélocer par là-bas non ?

 

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Héritage sénan
Nous sommes du pays où la mer et le vent
Ont donné aux rêves des enfants
Le goût salin des pierres usées par les embruns
Et la pluie compagne des chagrins (bis)
Un pays si petit face au grand océan
Qu’on ne voit pas son ombre au couchant
Un trait sur l’horizon fait de quelques maisons
De granit et de brun goémon (bis)

Ici par grand soleil aux langueurs des étés
Peu de plages où l’on vient se dorer
Un nuage effacé ne fait pas oublier
Qu’une vague peut tout emporter (bis)
D’une roche fragile à l’abord des gros temps
Bateau frêle à la cape souvent
Quand la Vieille au levant et l’Ar Men au Ponant
Veillent toujours la vie des Sénans (bis)

Nous sommes d’un pays qu’on ne quitte jamais
Que l’on porte en soi comme un secret
Comme un rêve un peu fou d’inscrire au fond de nous
Toute l’histoire de ce Caillou

L’Ile de Sein rebelle à l’usure des vents
Tient debout et porte ses enfants
Ceux qui restent l’hiver ou ceux qu’une misère
A poussés vers d’autres continents (bis)
C’est la Voix de notre île entendue dans la ville
A l’écho des douleurs de l’exil
Qui unit chaque feuille que la vie éparpille
Et refait l’arbre de la famille (bis)

Ce bel arbre nomade aux branches vagabondes
Qui jetait des ponts vers d’autres mondes
Revient toujours à terre au cour de l’île-mère
Où ses pas mènent au cimetière (bis)
Croisée des grands chemins des vivants des défunts
Quand de loin le passé nous revient
En écriture d’or près d’un nom familier
On découvre « Joie aux trépassés »(bis)

Refrain

Des pierres du village aux murs des petits champs
Chacun porte héritage d’antan
Quand l’horizon marin vers la Chaussée de Sein
Etait pour l’île son grand jardin. (bis)
Des siècles disparus le Sénan est têtu
Il a pris Patience pour vertu
Quand du Sud en Guilcher, du nord en « Loup de mer »
Quelqu’un porte toujours nos bannières (bis)

Dans le noir dont les femmes habillent la tristesse
Un îlien voit toujours la tendresse
Qui éclaire sous la Jibilinenn austère
Le beau visage d’une grand-mère (bis)
Lui racontant le soir de si belles histoires
Qu’elles sont restées dans sa mémoire
Comme autant de chansons empreintes du breton
Le plus beau, celui de la Maison (bis)

Refrain

Sur la route du phare où l’on flâne rêveurs
Au Nifran, au Lenn ou au Gueveur
Au Men Brial en vue des bateaux attendus
On jette l’ancre sur l’imprévu (bis)
Le monde se refait dans les bistrots des quais
Où l’on va Iliens ou Paimpolais
Par marées de bonheur ou de mélancolie
On pourrait chanter toute la nuit(bis)

Refrain

«Qui voit Sein voit sa fin», «Nul n’a franchi le Raz
Sans connaître ni peur ni Dégâts»
Ces dictons répétés qu’on voudrait oublier
Reviennent à l’heure d’embarquer (bis)
D’Audierne ou Douarnenez l’Enez Sun est passé
Par des grains, des vagues déchaînées
Mais l’on garde quand même cette crainte du jour
D’un possible départ sans retour (bis)

Notre petit royaume aux mille paysages
Mille roches aux terribles visages
Nous apporte la paix lorsque le vent se tait
Que l’île reprend vie sur les quais (bis)
Des ruelles on entend le rire des enfants
Ou Kornog à l’église en passant
Quitter l’île à l’instant s’éloigner du rocher
Ce serait partir à l’étranger (bis)

Refrain

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