Virtuelle étape nantaise, le temps de saluer les copines

Posté le 14 août 2011

Mon vieux Phaéton roupille tranquille, gavé de bonne musique et de beaux objets. J’ai déploré les nouvelles du monde : le moulin à vent a désenfourché la bicyclette présidentielle pour faire une réunion qui va, dixit les ministres, déboucher sur une nouvelle réunion qui devrait nous annoncer des décisions autour du 24 de ce mois (Phaéton m’a fait part de quelques doutes et n’a guère hâte d’être au 24, je le comprends mais refuse à m’imaginer à quelle nouvelle charognerie comptable nous allons encore être confrontés, pour sa part il craint le non-renouvellement d’un mécanicien sur deux partant à la retraire !). Pendant ce temps l’Angleterre brûle, l’Italie semble exsangue et une « rumeur » a fait plonger la bourse. Depuis ça se calme et il faut se réjouir, comme beaucoup, de notre nationale équipe, qui, si elle n’a pas gagné, n’a pas perdu.

Ben ma doué béniguet on est bien mené avec des trucs pareils, entre la langue de bois, la rumeur et la volatilité des marchés on ne se sent pas trop rassurés.

Un peu plus tard….
Nous filons virtuellement sur Nantes notre prochaine étape. Phaéton voulait du diato, du diato il aura ! Mais du bon. On va faire un saut rapide chez Diou Flo c’est ici. Le site s’ouvre une de leur très belles compositions « Ouessant » mais elle existe aussi en video. Plutôt réussi non ? Avec le vent à la rythmique. Ca ne vous donne envie de repartir en vacances ?

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Nous voici arrivés à Nantes, la belle, la rebelle comme disent les Tri Yann qui sont d’ici. Mon pauvre Phaéton se désole car il n’aura pas accès au si joli passage Pommeraye. A chaque fois que j’y passe je pense à « La Reine blanche » de J.L Hubert, un peu moins bon que le « Grand Chemin » mais bien émouvant quand même, avec le père Carmet et ses cigarettes et le regretté Giraudeau. Sans oublier Catherine Deneuve qui épluche des patates.

 

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J’aime bien Nantes, c’est joli et ça bouge bien mais ne comptez par sur moi pour vous en faire un descriptif touristique car des choses importantes nous attendent. Il y a du monde (et du beau) à visiter.

Nous allons d’abord saluer la petite Angèle. Elle est arrivée, il y a quelques années, dans les bagages de mon aîné. Ils sortaient du lycée autogéré de Saint-Nazaire, un beau rêve qui a pris des couleurs de rouille avec le temps. La faute à qui ? Je ne l’ai jamais bien su ; peut-être un manque global d’investissement tant de la part de certains enseignants que d’une majorité d’élèves.

Ils en ont tout de même ramené comme un état d’esprit, une curiosité, un autre regard sur les gens et les choses.

Le retour à la vie civile fut délicat, Notre Dame des Querelles vint souvent nous rendre visite (elle n’a guère cessé depuis mais pour d’autres raisons, pour preuve le retard de ce billet). J’en parle d’autant plus à mon aise que j’ai effectué mon service militaire. Je n’en tire nulle fierté mais il m’arrive de ressasser avec d’autres les sempiternelles anecdotes. Je n’ai par contre jamais entendu parler du moment de la « sortie », de cette période où l’on quitte un monde d’une totale prise en charge des activités, du temps, de la vie (on peut y trouver quelque confort) à cette vie quotidienne qui paraît si banale mais qui peut poser tant de problèmes à qui s’en est déshabitué.

On ne se lève pas à quatre heures de l’après-midi pour remettre à demain ce que l’on a pas fait hier. Vieux Phaéton j’ai tempêté (repentir ?) plus souvent qu’à mon tour. Et puis ça s’est fait (mes hurlements n’ont pas dû y être pour quelque chose, au fond ils ne faisaient plaisir qu’à moi). Une simple prise de conscience de vouloir entrer dans la vie qui est la nôtre. Ils ont trouvé un travail, un petit boulot comme l’on dit de nos jours.

Pendant qu’il faisait cuire des centaines de steaks hachés pour une multinationale portant un nom de canard, elle, toujours aussi modeste, vendait du pain chez un boulanger-pâtissier salon de thé.

Nous les véhiculions, ma chère et tendre et moi-même, pour parcourir la dizaine de kilomètres qui les séparaient de leurs emplois respectifs. Nous dinions souvent ensemble, assez tard le soir, boulot oblige. Quand elle appréciait ma cuisine (je suis en charge du brouet familial) elle voulait absolument lui avouer avoir mis quelque poudre de perlinpinpin dans la soupe.

Nous poursuivions la conversation dehors : elle me disait ses peurs enfantines d’un certaine Madame Jacques, sans doute une fort sympathique grand-mère du Finistère Nord. Elle m’a appris « Le petit ver tout nu » qui, fit un tabac auprès des 6e (à tel point qu’ils me le chantent encore…beaucoup plus tard). Elle était toute heureuse de rapporter quelques invendus qu’elle déposait sur la table comme un petit trésor. Nous n’avons guère manqué de pain à cette époque.
On s’habituait.

Tu vois, vieux complice, il m’est arrivé une chose exceptionnelle, un de ces petits bonheurs qui rendent la vie plus belle. Pendant quelques mois, j’ai eu une fille, comme ça, en « leasing »mais pleinement fonctionnelle. Un petit bout d’enfance à peine finie qui a mis quelques rayons de soleil dans le quotidien.

« Et ensuite ? ». Phaéton me sent un peu triste.

Le boulanger-pâtissier salon de thé s’est révélé être un Thénardier de première, si la patronne était gentille, lui rognait sur les salaires, proposant des horaires de plus en plus impossibles. Il a d’ailleurs eu des ennuis et a pris la tangente depuis. La petite s’est lassée, l’amour s’est étiolé et elle est repartie dans sa bonne ville de Nantes. Elle a eu la gentillesse de revenir nous voir et j’ai été content de constater que la petite étincelle brillait toujours.

Le fiston a poursuivi la cuisson des ses steaks, il est devenu formateur en cuisson (30 euros de plus par mois), a gravi un autre échelon pour quelques euros de plus et on lui a rejoué « La Terre de la Grande Promesse ».

Il est parti.
Horaires impossibles, salaires de misère, qui sont-ils tous ces négriers qui hurlent contre une jeunesse paresseuse mais qui n’ont cesse de l’exploiter.

Et on laisse faire !

Phaéton, laissons la petite, le virtuel me suffit. Nous nous reverrons j’en suis sûr.

Je t’invite. Que penses-tu d’une petite sole au beurre blanc avec un petit muscadet sur lie dont quelques bulles remontent sur le verre.

Il sera temps demain d’évoquer Bernadette.

 

Pour Angèle

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