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Le monde bouillonnant du diato, pleins de boutons mais ni maladie ni guerre

Posté le 10 août 2011

Résumé des épisodes précédents

J’ai pris coutume de mener Phaéton en laisse courte car si je le sais véloce je n’ignore rien de son âge canonique. Aussi nous contentons-nous du train-train habituel : Phaéton boulot, Phaéton dodo, Phaéton bistrot (pour le tabac et rester informé des nouvelles du monde).

Pour les grands déplacements je fais confiance à une voiture du peuple d’Outre-Rhin qui me donne toute satisfaction, le vieux bougre s’y est fait et l’accepte, certes pas de bon gré, mais sans toutefois trop rechigner. Sage Phaéton ! Je sais que l’âge avance et qu’il va bien me falloir agir de même.

Une exception toutefois, pendant les vacances nous nous autorisons quelque (modeste) aventure lointaine, hors du diocèse. Cette année, hélas, un peu pour des raisons d’économies drastiques (il me plaît de penser que si grands Etats sont dans la même mouise), et surtout pour une accidentelle conjoncture, nous sommes contraints de rester en la nichée. Si je ne m’en plains pas (pourquoi les ferais-je ?), ce vieux ronchon ne m’en a quand même pas moins touché deux mots hier.

Magnanime (ce qui n’est guère dans ma pratique) je lui ai offert un voyage virtuel dans mes souvenirs, m’engageant à ne garder que du bon et jeter les scories par la fenêtre (attention dehors car il y en a pas mal !)

Un tout petit voyage, cher lecteur, ne te mets pas martel en tête, l’habitude est perdue d’aller un mois dans le midi faire le croque-monsieur (ou madame, c’est selon). Le Français d’aujourd’hui voyage court mais souvent et peut-être plus loin (ça je ne suis pas sûr que ça dure). Je parle bien sûr de ceux qui ont la chance de partir dans notre France si riche, les autres n’ont qu’à déplacer leur meubles, ça les changera !

Phaéton est prêt à partir, il est tout attentif ; peu importe l’heure dans ces voyages virtuels, on ne risque pas d’être en retard, un avantage non négligeable.

Au fait nous partons vers l’Ouest. Bien sûr cher lecteur, puisque tu ne sais d’où nous sommes, tu n’es guère avancé ; alors pour faire vite :

- Le périphérique toulousain : franchi dans la seconde.

- Idem pour la traversée de Bordeaux

- Le long ruban qui va jusqu’à Fontenay le Comte qui est si pénible de durée d’habitude, oublié dans l’heure.

Et là j’ai dit « Halte ! »

Phaéton s’en est étonné « Pourquoi s’arrêter ici ? »

« A cause d’un grand bonhomme, un artiste artisan ou un artisan artiste comme tu veux, c’est immanquable ! »

Quelle audace de ma part, j’allais raconter à ce brave Phaéton une visite que je n’avais jamais faite. Ben tant pis, il devra faire avec….

Je vais ajouter du virtuel dans le virtuel.

Un diato, cher Phaéton, c’est un accordéon qui a la particularité, si l’on appuie sur un bouton, de jouer une note différente si l’on pousse ou si l’on tire, à la différence du chromatique qui lui joue la même note (je dis cela pour faire simple car cela peut se compliquer comme les modifications génétiques de Marc Sérafini par exemple cf un peu plus bas). De la musique pour diato il y en a un peu partout, des pays de l’Est à la Scandinavie, du monde celtique au « Tex-Mex » américain, de l’Italie jusqu’à nos amis les Cajuns sans oublier tous les ports où se braillent nos bons vieux chants de marins. Bien joué c’est beau, ça a parfois un côté un peu triste, nostalgique, comme les chansons de Mac Orlan. Tiens, profite donc des conseils de Cyrille Brotto qui interprète la « valse israélienne », c’est un très grand !

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Ca a l’air facile la perfection non ?

Si la musique est belle tu n’auras pas manqué de constater que l’instrument l’est aussi. Un diato se fabrique : beaucoup débutent sur un bon vieil Hohner 2915 (oublions vite les vilaines imitations chinoises) mais pour la gamme au-dessus il faut choisir son « facteur », son luthier si tu préfères.

Certains ne jurent que par Castagnari ou Saltarelle (Italie) mais notre beau pays a aussi ses créateurs, je voudrais ici rendre hommage au talent de quelques uns d’entre eux (que les autres me pardonnent mais pour tous ceux que cela intéresse une liste assez complète se trouve ici). Une amicale pensée au passage à Thierry Beuze (Atelier de l’accordéon près de Quimper) chez qui ma chère et tendre m’a fait cadeau de ce petit Bouèbe de chez Saltarelle dont je joue si mal (pardon Thierry mais les cours étaient loin et tard, je n’ai pas donné suite mais à la retraite je m’y remets, promis). Thierry est aussi membre du groupe Deu’s ta).

Pour les curieux et les amoureux des beaux objets jetez donc un coup d’oeil près à Toulouse : la-BAF de Marc Serafini, n’hésitez pas à parcourir son site, voilà un monsieur qui allie l’humour et le talent (Baf).

La Corrèze ne produit pas que d’ancien (et futur ?) Présidents de la République, on trouve à Tulle les établissements Maugein  

Le Sud n’est pas en reste avec Yvus

A ne pas manquer à La Chapelle sur Erdre, monsieur Bertrand Gaillard

Je vois bien dans l’oeil de Phaéton qu’il n’est pas insensible à la qualité de toutes ces petites merveilles. Avec ta complicité, et si tu n’es pas trop las de me lire cher lecteur, nous allons faire une petite pause pédagogique.

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Phaéton n’est pas tombé dans le panneau, il a bien remarqué que ce n’était pas du diato mais du chroma. En effet Dominique Rivière joue « Le canal en Octobre » sur un « Chaville » de chez Saltarelle. Il joue bien le bougre non ? Il m’a écrit que l’accordéon n’était pas sa spécialité mais plutôt les cordes. A l’écoute de son CD ou sur son site on peut s’en faire une idée, n’hésitez pas à y aller c’est du talent à l’état pur. Merci Dominique.

Tania Rutkowski fait de bien jolies choses aussi.

Quelle diversité dans ce monde du diato : tous les âges, tous les styles, les professeurs hélas sont bien peu nombreux dans certaines régions. Il existe des méthodes, des tablatures comme en proposent par exemple les édtiions Caruhel.

Ca mutualise aussi beaucoup sur internet, en particulier autour de l’excellent logiciel Tabledit .

Surtout il y monsieur Anicet le Marre dont le site vous expliquera tout sur le diato et vous aidera beaucoup dans l’apprentissage.

Maintenant, mon vieux Phaéton, avant d’aller visiter l’ami Stéphane, un coucou au passage à Bernard Loffet, facteur d’accordéons à Caudan (Morbihan). Question « technique » son site est une mine, on peut aussi y admirer ses réalisations. Je n’oublie pas que, pendant qu’il « décoinçait »un des boutons du petit Bouèbe, il a gentiment laissé Nils (un de ses nombreux admirateurs) visiter l’atelier en lui fournissant toutes les explications nécessaires. Qu’il en soit remercié.

Appréciez le savoir-faire du bonhomme  sur un de ses instruments (ce qui prouve que ce n’est pas parce que l’on a pas de chaussures qu’on est dépourvu de talent, fouillez dans les videos, vous comprendrez pourquoi ! Bravo Bernard !)

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Tu sais, cher Phaéton, que c’est plutôt difficile de s’y retrouver dans tout cela. Point n’est question pour nous de choisir le meilleur, ils le sont sans doute tous. Mais j’ai mes attirances, allons de ce pas chez l’ami Stéphane, car vois-tu, en l’état des choses, c’est avec lui que j’aimerais faire affaire.

Rien de rationnel là-dedans, mes humbles connaissances en la matière ne sont nullement le garant de mon choix. C’est du ressenti, du « feeling » comme on dit au pays des hamburgers, mais tiens entre donc, nous sommes arrivés.

Je lui demande de me pardonner de lui avoir piqué deux photos.

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Peut-être faut-il chercher l’explication ici

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Comme d’autres artistes il lui faut un an voire plus pour faire un accordéon, c’est tout dire !

Allez vite sur son site « Les accordéons du Marais »

Mais ce n’est pas tout, il a fait plein de vidéos dont une série qui détaille la fabrication d’un diato c’est ici : http://www.youtube.com/user/abedambondiou

Vous avez vu le nom « abedambondiou », on est bien à l’Ouest. Alors on va se faire un petit plaisir

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Ça sent la salée hein mon vieux Phaéton, puis tu as vu le « L » : c’est ue de ses réalisations. Il en a d’autres et de qualité, tiens tu connais Languidic Phaéton ?

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Bel objet que ce « Maestro ». Pour ma part j’ai un faible pour la « Sirène » mais j’ai assez volé pour aujourd’hui pour vous montrer « le plaisir de jouer avec ma sirène » fouillez dans les vidéos et appréciez la bonne humeur et les copains. Apportez éventuellement une télécommande pour vidéo, ça devrait trouver son utilité.

Change rien, Stéphane. Et qui sait, un jour de meilleures finances, j’ai déjà ce père Phaéton qui souhaite revenir!

 

 

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